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Oleksander O. Romanov-R.
Famille Merlinois
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MessagePeine-étration {Libre] | Peine-étration {Libre] EmptyMer 3 Jan - 21:04


 

Peine-étration

FT. LIBRE

« Petit con » lui avait-on répété toute sa vie. « Petit con » qu'il était. « Petit con »... Sous sa veste, un petit con marchait sous la pluie. Le petit con, c'était Olek. Et Olek était un petit con. Les petits cons n'allaient jamais loin dans la vie. Les petits cons finissaient tout seul. Comme des petits cons.

A l'évocation de cette pensée, la bouche du druide se sécha. Il profita de ce prétexte pour se chercher un abri. Il avait déjà refusé de sortir ce soir, alors il devait se faire petit. Au revoir Le Champignon Malicieux, au revoir Le Canard Laqué ; de toute façon il n'avait aucune envie de se faire à nouveau ridiculiser par les condescendantes pétasses qui y travaillaient. Olek avait décidé d'être vulgaire, alors Olek allait être vulgaire. Elles ne lui avaient jamais laissé sa chance, pourquoi devrait-il ? Le jeune adulte ne pouvait ni faire face ni avancer, mais il était sûr d'une chance : plutôt crever que de reculer, que de rentrer en chien comme le pathétique être qu'il était. Qu'il avait toujours été. Qu'il serait toute sa vie.

Il avait besoin de boire. Il avait besoin d'oublier. Il avait besoin de s'éloigner. Le blond marchait depuis une heure déjà, se réfugiant dans toutes les ruelles sombres de Paris. Ce soir, Oleksander Romanov était un rat ; chassé par tous et porteur de malheur. Le dernière année avait oublié ce qu'était l'étreinte douce de l'espoir dans un café bien chaud concocté par un être aimant. Mais personne ne l'avait jamais aimé, et toute sa vie on lui avait menti. Le monde détestait Olek, et Olek détestait le monde.

Une petite lumière au loin, c'était tout ce dont il avait besoin. La pâtisserie était ouverte, et le petit homme qui n'y avait jamais passé plus de cinq secondes consécutives s'y engouffra comme la peste qu'il devait porter. C'était la nuit, il était seul. Lui, et quelqu'un qui bougeait dans les cuisines. Il ou elle peu importe, tant qu'il n'avait désir de l'importuner. L'élève s'assit au bar, tapant nerveusement sa tête contre la surface de la table. L'endroit était désert, pas franchement accueillant. L'ampoule au-dessus de lui clignotait. Un misérable décor pour quelqu'un de misérable. C'était parfait. Parfait comme une infection bactérienne qui vous achevait en stade terminal de votre maladie. Parfait comme le dernier critère de réussite sociale auquel vous n'avez pas pu correspondre. Parfait comme la merde sous les chaussures made in China à deux euros cinquante la semelle.

La serveuse finit par pointer le bout de son nez. Olek grogna et celle-ci repartit. Il était vraiment un petit con. Il tenta d'enlever sa veste, mais il n'en avait même plus la force. Il était à bout de souffle et à bout de raison d'exister. Il passait les plus horribles mois de sa vie, et il n'était même pas sûr qu'ils allaient finir par s'arrêter. Le gamin sentit un objet tombé brusquement à côté de sa tempe et l'éclabousser. C'était chaud, pas brûlant. Dommage, lui qui aurais tant aimé se brûler vif une bonne fois pour toute... La serveuse s'excusa et tenta de l'essuyer avec sa bave, mais il avait à peine la force de se débattre. Il était fatigué, et la grognasse en face de lui n'était que des plus fatigantes.

Elle replaça ce qui restait de la tasse de café correctement devant lui tandis que le bonhomme fixa le fond du récipient, incapable de décider de son prochain mouvement. Et il avait beau réfléchir, il ne voyait pas comment il allait réussir à planter cette cuillère dans sa poitrine. Il aurait pu demander à la serveuse de le faire, mais avec sa chance, elle avait visé l'oeil. ... Ce n'était pas comme s'il avait quelque chose à perdre. Le merlinois se releva légèrement, prêt à demander de l'aide à la femme avec la ratio cul-QI le plus grand du monde lorsqu'il entendit des bruits de pas et se renfrogna sur son liquide, à présent tiède. Encore une chose décevante dans sa vie.

Très franchement, le Rousseau ne voulait ni connaître la personne qui venait d'entrer ni d'apprendre à le faire. Il s'en foutait si une porn star recherchait un partenaire de jeu, si un milliardaire en rut était prêt à dépenser son argent pour le voir chanter ou si un terroriste avait envie de jouer de la harpe avec son intestin grêle. Il voulait dormir. Il voulait ne plus se réveiller. Ou se rendre compte que tout n'était qu'un rêve. Etait-il possible de vouloir que tout se finisse et ne fasse que commencer en même temps ? Peut-être qu'il était impossible, qu'il n'était pas de ce monde. Peut-être qu'il était une erreur. Il avait toujours eu l'impression d'en être une. Erreur erreur erreur.

Erreur ou petit con, telle était la question.
(c) ANAPHORE


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