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Horde de Lesperance
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MessageLa nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Dim 4 Fév - 16:58



La nuit des papillons
Un petit sous-titre si ça vous tente
Trente cinq ans et marqué par la tristesse. Ridé des expression plaintives que son visage usé a trop porté. Marqué par le soucis et l'angoisse d'une guerre qu'il a combattu avec succès. Mais après presque dix ans, il était temps pour lui de passer à autre chose. Du moins, d'apprendre à vivre avec le vide qui emplissait sa poitrine par le manque de sa femme. Pour sa première sortie du territoire, il visait doux, il visait tendre. Un souvenir bienheureux que celui de l'éclosion des papillons célestes, de grands insectes aux ailes luminescentes d'un bleu magnifique.  

Ce jour là, qui n'arrive qu'une seule fois dans l'année, à l'orée du bois et du bord du lac, une centaine de papillons illuminent le crépuscule alors que le soleil tire sa révérence. S'en vient alors une nuit magique d'une beauté éclatante. Une danse silencieuse avec pour seule musique les oiseaux du soirs sortant de leur torpeur hivernale. L'air est frais, mais le temps est clément. Et ce jour là était un jour de février exceptionnellement ensoleillé pour la région parisienne réputée humide et froide.

D'un pas sensiblement mal assuré, Pyractès franchit le bois, dévoilant sa magistrale stature de centaure imposant. Voilà longtemps qu'il n'était pas venu admirer ce spectacle de la nature, généralement offert aux druides et au centaures comme un remerciement pour tant d'amour et de protection envers la Dame. Cette année, il arrivait premier. Comme bien des années plus tôt, alors qu'il état accompagné de sa dulcinée. C'était d'ailleurs ici qu'ils avaient échangé leur premier baiser d'amour. Son coeur se serra, et il dû camper ses sabots bien au sol pour ne pas fuir au premier soupire. Mais après une longue bataille intérieure, il fit quelques pas en avant et vint se coucher près de l'eau.

Maintenant, il ne suffisait que d'attendre.

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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Mer 28 Mar - 16:36



La nuit des papillons

 







Elle courait à en perdre haleine entre les arbres et la végétation luxuriante. Jamais il ne lui semblait avoir été aussi rapide pour rejoindre un point précis. En temps ordinaire, elle avait même plutôt tendance à flâner un peu partout sans trop se précipiter. Mais là, c’était différent. Totalement différent même. Sa mère lui avait annoncé que depuis quelques temps, l’ambiance autour du lac avait changé, comme s’il se préparait là-bas un grand événement auquel il fallait absolument assister.  Si elle n’avait écouté que sa raison, Reiwyn n’aurait probablement pas prêté attention aux propos de sa mère qu’elle aurait jugé trop incertains et bien trop futiles pour qu’elle daigne y prêter la moindre attention. Cependant, alors que le soir s’annonçait lentement et qu’elle rentrait chez elle, quelque chose sembla attirer son cœur à cet endroit bien précis. Ce sentiment relevait de l’instinctif, elle le savait bien et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher d’écouter ce que son cœur était étrangement en train de lui ordonner. Alors elle s’était mise à courir et ne s’arrêta que lorsqu’elle vit au loin l’orée de la forêt, un peu essoufflée. Le lac n’était plus très loin et il lui semblait y apercevoir aux abords un animal couché. Mais, avec les branchages et ce malgré sa bonne vue, elle n’était pas certaine de ce qu’elle voyait. Inquiète, elle fronça les sourcils, son instinct venait-il tout simplement de la guider jusqu’à un animal blessé ? Reiwyn aimait profondément la nature et savoir un des enfants de cette grande dame couché sur le flanc avait tendance à l’inquiéter. D’autant plus qu’il pouvait s’agir d’un animal qui venait de se faire attaquer et qu’elle n’était pas vraiment armée pour se défendre.

Prenant son courage à deux mains, elle s’avança lentement. Bientôt, la silhouette se dessina plus distinctement et elle s’arrêta de nouveau, le souffle court. Ce n’était pas un animal à proprement parlé qui était couché sur le flanc, mais un centaure. Elle en avait vu un une fois lorsqu’elle était toute petite, mais sans en être vraiment certaine et depuis, elle avait nourri le doux espoir de croiser à nouveau le chemin de l’un de ses êtres. La jeune elfe savait depuis l’installation des siens qu’un peuple de centaure vivait ici également, mais sa grand-mère lui avait fortement déconseillé d’aller à leur rencontre, préférant que chaque peuple vive dans son coin. Pour la princesse, c’était donc une opportunité incroyable et un moment tellement attendu qu’elle se demanda si elle ne devait pourtant pas rebrousser chemin. Après tout, elle n’avait pas envie de le déranger. Mais en même temps, il était couché, et peut-être blessé. De plus, il l’avait probablement entendu de là où elle se trouvait. Et il était peut-être impoli de ne s’en aller sans rien dire.

Courageuse et vaillante, elle décida de s’approcher, mais de sorte à arriver sur le côté et non dans le dos du centaure. Juste pour éviter de créer une mauvaise impression. Elle tâcha aussi de masquer son appréhension et l’émerveillement dont elle était en train de faire preuve pour paraître aussi froide que sa grand-mère lorsqu’elle rencontrait des inconnus. Mais ce n’était pas une tâche aisée et après quelques pas, elle se retrouva au bord du lac, à quelques mètres de l’immense créature. Et là elle constata qu’il n’était absolument pas blessé. Alors elle se sentit stupide. Elle eut envie de se frapper et recula d’un pas en réalisant son erreur.

« Oh, pardon… Je croyais que vous étiez blessé… »

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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Jeu 29 Mar - 22:20


Il était rare que le centaure se fasse surprendre. Il fallait dire qu'il était bien trop concentré sur ses émotions et non sur ses sensations. Habituellement, il était capable de sentir chaque vibration de la terre au travers de ses sabots usés. En temps normal, il aurait senti la course folle de la jeune elfe. Il aurait tout au moins entendu sa respiration courte. Voilà qui lui apprendra. Du moins, c'était ce qu'il se disait, regardant la jeune femme avec des yeux comme ceux d'un lapin dans les phares d'une voiture tant il était surpris. Ce coup là, il avait eu de la chance, c'était une demoiselle assez aventureuse. Une autre fois, cela pourrait être une personne bien plus malveillante trouvant seulement l'opportunité de tuer le chef de horde.

Quelques secondes plus tard, le temps qu'il se reprenne, il lui sourit. Lui-même se sentait quelque peu idiot de s'être fait à ce point surprendre, il n'en avait pas l'habitude. Il se redressa un peu afin de se donner une meilleure contenance, déjà qu'il était couché sur le flanc de son corps équin et qu'elle le dépassait donc d'une bonne tête - chose dont il avait encore moins l'habitude du haut de ses deux mètres passés. Il ajusta ses vêtement, s'époussetait un peu, puis il lui fit signe de s'approcher. Les centaures avaient la réputation d'être des créatures distantes, impolies, sauvages, tempétueuses. Pyractès était plutôt une force calme qui avait parié pour la paix entre les êtres magiques. Ce fut alors tout naturellement qu'il lui proposa de s'installer près de lui.

Venez, les papillons ne vont pas tarder à sortir de leur chrysalide. Expliquait-il, la voix mal assurée d'être resté muet un certain temps. Il se racla la gorge et continua avec plus de clarté. Je m'appelle Pyractès. Enchanté de faire votre connaissance.

Alors qu'il se présentait, la nuit tombait de plus en plus, et la lune se levait sur le lac aux couleurs obscures. Elle était ronde, belle, fertile. Les étoiles déjà pointaient leur douce lumière dans le ciel dégagé de tout nuage. La soirée était magnifique, propice à l'éclosion des papillons. Il n'y avait même pas le petit air frais de fin d'hiver pour refroidir les coeurs.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 9:13



La nuit des papillons

 







Un centaure, c'était quoi finalement ? Si on prenait les définitions toutes prêtes, un centaure était un être humain de la tête au nombril. Pour le reste, il avait le corps d'un cheval. Et donc, quand on voulait mater les fesses d'un centaure, est-ce qu'au final on regardait sa croupe ? Un peu perturbant. Mais en soit, ça ne devait pas l'être davantage qu'une paire d'ailes ou des oreilles un peu trop pointues. Alors, pourquoi Reiwyn se sentait aussi perturbée ? Probablement parce que c'était la première fois qu'elle en voyait un d'assez près pour être certaine qu'elle ne rêvait pas. Probablement aussi parce qu'elle était vieille -du moins pour le commun des mortels- mais qu'elle réalisait qu'elle avait encore beaucoup à apprendre sur le monde magique avant d'acquérir un jour peut-être l'expérience que possédait sa grand-mère dans le domaine. Et puis, il y avait aussi cet étrange sentiment qu'elle ne parvenait absolument pas à définir, mais qui venait de naître dans sa poitrine. Ce n'était pas désagréable, au contraire, la sensation lui réchauffait le coeur avec douceur. Cependant, elle n'était pas capable d'expliquer ce fait et mit cela sur le compte d'un profond respect couplé à une certaine pointe d'admiration.

Elle s'approcha d'un pas quand le centaure prit la parole. Il avait l'air plutôt calme, loin de l'idée qu'on lui avait faite de ses congénères. Pendant un instant, elle se demanda si les autres n'avaient pas exagéré les comportements de ces créatures. Mais elle se ravisa ; elle avait déjà dû soigner des blessures causées par les centaures et elle savait qu'ils n'étaient pas vraiment du genre à plaisanter. Elle s'approcha d'un second pas, mais n'en fit pas davantage. Elle devait être à un ou deux mètres de l'homme équin et ça lui convenait très bien comme ça. Et si une part d'elle, plutôt infime, voulait le toucher pour s'assurer qu'il soit réel, elle la réprima rapidement. De la même façon, Reiwyn préféra rester debout, juste pour pouvoir s'enfuir plus rapidement en cas de danger.

« Les papillons ?.. »

Elle n'était pas très sûre de ce qu'elle venait d'entendre. Il avait pourtant bien parlé de papillons. Etait-ce la fameuse chose que l'instinct de sa mère avait senti quelques temps plutôt et qui l'avait poussé à se rendre ici aujourd'hui ? Un peu perplexe, elle décida de ne pas s'attarder sur ce sujet, laissant ses interrogations de côté. Le centaure profita de cet instant pour se présenter et la jeune elfe hocha la tête pour le saluer poliment. Pyractès donc. Ce nom lui était vaguement familier, mais elle n'était pas capable de déterminer pourquoi. Alors, à son tour, elle décida de s'annoncer ;

« Reiwyn. C'est un honneur. »

Elle aurait pu donner ses titres de noblesse, mais très franchement, elle était persuadée que cela n'avait pas la moindre importance. Et puis la présence du centaure la rendait moins bavarde qu'en temps ordinaires. Sans doute parce qu'elle était trop impressionnée pour agir comme une enfant. Ses yeux quittèrent la créature pour se lever et observer le ciel. Elle voyait les étoiles et pourtant, elle n'avait pas remarqué la présence de la nuit qui s'installait. Chose curieuse, elle avait l'impression d'être en été et non en début de printemps, comme si le temps aux abords du lac était plus clément. Ou alors, c'était juste une impression.



Dernière édition par Reiwyn le Ven 30 Mar - 23:26, édité 1 fois
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 10:27


Un petit rire coincé sortit de sa gorge. Reiwyn n'est-ce pas ? S'il ne l'avait encore jamais rencontrée, il en avait déjà entendu parler. Il avait déjà eu des entretiens avec le représentant des elfes, et il avait déjà rencontré la Reine en personne afin de se présenter comme chef de horde. Ce fut à ce moment là qu'il eu vent des membre de la famille royale et qu'il avait pu entendre ce nom là. Son regard vint de nouveau se poser sur la jeune femme, une étincelle curieuse éclairant ses deux orbes marines. L'elfe était d'une beauté surprenante, comme la majorité des êtres de son espèce. Cette silhouette le changeait de toutes les carrures larges dont il avait l'habitude, les femme centaures arborant des formes bien plus arrondies, mais cela ne lui déplaisait pas. Pour une bipède, elle était vraiment belle.

Voyant qu'elle ne s'approcherait pas plus, Pyractès leva la tête vers le ciel, silencieux. Sa spécialité, c'était la lecture des astres et ce qu'il vit au dessus de leur tête lui tirait un nouveau sourire. Il levait un doigt vers une étoile qui scintillait beaucoup plus que les autres, là, près de la lune qui grimpait dans le ciel minute après minute.

Vénus, là. Expliquait-il. Près de la lune pleine, Vénus. Il adressa un sourire plus amusé a l'elfe. Il semblerait que notre rencontré soit de bonne augure.

Venus était le symbole des sentiments, des émotions. La lune était quant à elle symbole de l'enfance, du passé. Les deux au dessus de leur tête était comme un présage d'une rencontre qui n'avait rien d'un hasard, comme une histoire prévue depuis quelques vies. Si ça avait été pour quelqu'un d'autres, il aurait très certainement conclu à une rencontre de deux âmes soeurs, mais là que ça le concernait, le résultat ne lui vint même pas à l'idée. Pourtant, à cet instant, rien que la présence distante de cette elfe avait réussi à le tirer de sa mélancolie.

Puis, dans un mouvement large et lourd de par son imposante stature, mais doté d'une élégance charismatique dont seuls les centaures avaient le secret, Pyractes se leva, la surplombant de quelques têtes. Il était comme un enfant qui allait dévoiler son secret. C'était bientôt l'heure. La terre fourmillait doucement, il le sentait. La forêt commençait à vibrer d'une force surnaturelle comme chaque fois qu'elle s'apprêtait à dévoiler une de ses merveilles.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 11:50



La nuit des papillons

 







Reiwyn se sentait un peu intimidée d'être là en fin de compte. Et c'était peut-être ce sentiment-là qui la perturbait un peu. Mais a cet instant précis, elle était incapable de comprendre pourquoi elle était dans cette état-là. Certes, la présence du centaure la mettait dans un état entre l'excitation et l'appréhension, mais voilà maintenant quelques minutes qu'elle était là et l'admiration de sa découverte comment à s'estomper. Alors, quoi ? Pourquoi se sentait-elle aussi étrange ? Finalement, elle décida qu'il devait s'agir là de l'influence de la lune plus qu'autre chose et elle fit en sorte de ne plus trop y porter d'attention. A la place, elle observa du coin de l'oeil le centaure et ses réactions. Son instinct ne pouvait l'empêcher de rester méfiante face à quelque chose qu'elle ne connaissait pas et même si l'autre semblait plutôt calme, rien ne lui certifiait qu'il le restait bien longtemps.

Toutefois, Pyractès prit le temps de lui montrer les astres. Et si pendant une seconde la jeune elfe eut bien envie de lui rétorquer qu'elle savait très bien ou était Venus et qu'elle n'avait pas besoin d'aide pour lire le ciel, elle se garda bien de faire la moindre remarque. Après tout, les centaures étaient des experts dans ce domaine et même si elle faisait de son mieux pour interpréter certaines choses, il était évident qu'elle n'avait pas le niveau de ses créatures. Et qu'elle n'avait pas non plus l'esprit assez fou et suicidaire pour oser contester l'un d'entre eux. Au lieu de cela et pour détendre l'atmosphère qu'elle sentait être un peu étrange -mais il ne devait s'agir que d'une impression de sa part- elle décida de répondre avec un peu de dérision ;

« Les rencontres autour d’un lac sont toujours de bon augure, non ? »

Elle haussa légèrement les épaules, comme une enfant fière de sa bêtise, mais se concentra sur le lac pour éviter de croiser le regard du centaure. Elle envisageait déjà l’idée qu’il veuille la noyer pour répondre quelque chose de ce genre, mais en même temps, elle n’avait pas pu s’en empêcher.

Pour toute réponse, le centaure se leva et Reiwyn s'écarta d'un pas, comme par réflexe. Elle n'était pas du genre à avoir peur, mais tout de même. Elle était en compagnie d'un étranger et il aurait fallu être stupide pour ne pas voir qu'il la maîtriserait en moins de quelques secondes, d'autant plus qu'elle n'était pas armée. Toujours du coin de l'oeil, elle observa sa taille gigantesque et son allure si fière et si puissante, que même pour une elfe, à côté, elle commença à douter d'elle-même. Lui cependant ne lui prêtait plus la moindre attention, concentré sur un point fixe devant lui. Apparemment quelque chose venait. Parce que la princesse sentait quelque chose en elle à nouveau, comme de l'impatience, comme le sentiment que la nature allait offrir un nouveau spectacle.

Et au loin, ses yeux furent attirés par une lumière, l'espace d'un instant. Quelque chose de bleuté et de céleste, qui n'apparut que l'espace d'un instant et qui disparut dès qu'elle y prêta attention. Elle fronça le sourcil un peu étonné, depuis quand sa vue lui faisait-elle défaut ? La seconde d'après un autre point bleu fit son apparition dans son champ de vision et y resta. Sur le coup, elle songea qu'il devait s'agir d'une illusion, parce qu'elle était incapable d'expliquer ce qui était en train de se produire.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 14:52


Voilà, on y était, le spectacle commençait. Pyractès se délectait de l'air ahuri qu'arborait la jeune elfe. A vrai dire, la première fois qu'il avait vu cette oeuvre de la nature, lui-même avait fait cette tête. C'était quelque chose d'incroyable après tout. Après le second, un troisième s'illuminait, un peu plus près d'eux, puis un autre un peu plus loin. Doucement, les mains en évidence comme pour ne pas l'effrayer, le centaure s'approcha de Reiwyn. D'autres papillons sortaient petit à petit, si bien que rapidement, un léger tapis d'un bleu céleste éclairait les herbes entre le bord du lac et l'orée de la forêt.

Les papillons. Expliquait simplement le mi-homme. Regarde...

L'air espiègle, il trépigna sur place avant de cabrer légèrement pour taper du sabot au sol. Le claquement sourd contre la terre et les vibrations insensibles à l'Homme qu'il provoquait alors l'envol des papillons. Contrairement aux autres, ils n'avaient pas besoin d'attendre des heures au soleil jusqu'à ce que leurs ailes se défroissent naturellement. La nuée de petites lumière bleues s'élevait doucement, lentement, volant autour d'eux. D'autres petites lumières apparaissaient petit à petit, le spectacle était vraiment magique.

Pyractès avait soudainement perdu quelques années, il était fier d'avoir pu lui montrer ça. Quelque chose au fond de lui le gonflait de joie, alors qu'il ne la connaissait même pas. Mais là, encore plus au fond de lui, quelque part, il y avait un poids énorme qui le retenait. Il y avait une petite image de sa défunte femme, émerveillée dans la même situation alors qu'il lui faisait découvrir cette nuit suintant de beauté et de magie. Il regardait l'elfe, et il était partagé entre deux émotions qui lui tordaient les entrailles. Il avait envie de connaître cette elfe, de continuer à l'étonner et de découvrir chacune de ses expressions. D'un autre côté, il était un centaure. Un centaure qui pleurait encore sa femme. Pour la première fois depuis dix ans, il regretta d'avoir ce poids à porter.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 19:25



La nuit des papillons

 







Une nuée. Juste une grande et merveilleuse nuée bleutée. Comme si la galaxie toute entière venait de se soulever et de s'élever lentement dans les airs. C'était beau, tellement beau que la jeune elfe se demanda si elle n'était pas tout simplement en train de rêver toute éveillée. Les papillons voletaient doucement, gracieusement et il semblait qu'elle n'avait jamais pu admirer un aussi beau spectacle depuis sa naissance. A croire qu'il existait encore des lieux ou la nature avait quelques petites choses à offrir à ceux qui étaient prêts à les voir. Pourtant, quelques instants plus tôt, Reiwyn avait prit peur lorsqu'elle avait constaté que Pyractès piaffait d'une certaine impatience. Et elle avait prit encore plus peur lorsqu'elle l'avait vu se cabrer. Si elle avait reculé de quelques pas en le voyant faire, les papillons étaient pourtant parvenus à le lui faire oublier et, sans vraiment le vouloir, elle avait baissé sa garde, marchant jusqu'au bord de l'eau pour admirer de plus près les insectes bleus. Elle avait envie de tendre les mains, d'effleurer les ailes de ces créatures si fragiles, tout en ayant conscience que c'était impossible.

« C’est tellement beau. »

Elle avait parlé sans réfléchir, mais le son de sa propre voix la rappela à l'ordre. Elle reprit contenance en secouant doucement la tête et observa l'eau à quelques centimètres de ses pieds. L'elfe détestait l'eau et se senti subitement mal à l'aise d'en être aussi proche. Elle se sentait attirée par la substance aqueuse, mais de façon malsaine et dangereuse. Comme si elle allait subitement tomber dedans et se noyer. Très mal, elle se recula d'un pas, mine de rien, avant de reprendre la contemplation des papillons. Elle était vraiment contente de pouvoir être là et d'avoir l'opportunité d'admirer une telle oeuvre de la nature.

C’est alors que le drôle de sentiment que Reiwyn éprouvait depuis son arrivée aux abords du lac reprit le dessus. Elle sentait son cœur battre avec force contre sa poitrine, alors même que son rythme semblait tout à fait normal. C’était tellement nouveau et particulier qu’elle se sentait bien incapable de trouver de quoi il pouvait s’agir. De reconnaissance peut-être ? Elle en doutait très sérieusement. Et pourtant, avec un léger sourire et le visage emplit de reconnaissance, l’elfe se tourna vers le centaure. Elle le regarda, avec une douceur et une générosité qu’elle n’adressait en temps ordinaire qu’aux membres de sa famille et pencha légèrement la tête en avant.

« Merci. »


Dernière édition par Reiwyn le Ven 30 Mar - 23:25, édité 1 fois
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 21:17


La réaction de l'elfe était à la hauteur de ses espérances. Il en oubliait presque de lui-même contempler la splendeur des papillons voletant à la surface de l'eau qui reflétait alors la pleine lune sur le ciel d'un bleu sombre, pas encore noir. La température ambiante, avec la descente complète du soleil, était elle aussi largement descendue. Voilà que l'air redevenait celui d'une fin de février, relativement froid. Mais il n'y eut qu'à voir le sourire doux et ce regard magnifique, pour que Pyractès n'y prête aucune attention.

A vrai dire, il ne s'y attendait pas, à ça. Il s'attendait peut-être à ce qu'elle garde une certaine distance, qu'elle lui dise vaguement que c'était magnifique, blabla... Mais jamais il n'aurait pensé avoir le droit à une telle reconnaissance, pure, immédiate, sincère. D'un coup, c'était comme si les planètes venaient de s'aligner, comme si soudain, l'existence d'une force surnaturelle, au delà de tout entendement, au delà encore de la magie, était totalement vraisemblable. Se secouant, puis faisant un pas en arrière, un peu déstabilisé, il mit une seconde avant d'en retrouver ses manières. Là, il s'inclina face à elle, portant un poing à la poitrine, et baissant légèrement le torse. Les papillons qui volaient autour de lui le couvraient d'une légère lumière bleuté, faisant écho à ses yeux que la lune éclairait.

Ce fut un plaisir. Lui répondit-il, la voix si basse qu'elle en était presque inaudible, pour un humain en tout cas.

Lorsqu'il releva la tête, c'était pour plonger ses yeux dans les siens, pour s'engouffrer dans le bleu électrique de ses yeux. Il s'approcha d'elle, doucement, avec aussi peu de bruit que ses sabot étaient capable de faire sur la terre tassée. Doucement, il vint lui prendre la main et la lui leva un peu. Puis, dans une révérence, il se pencha par dessus et il vint y poser son front. Sans un mot, sans plus de discours.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Ven 30 Mar - 23:12



La nuit des papillons

 








De toute son existence, il semblait bien à Reiwyn que ce soir, elle cumulait les événements troublants. Ou tout du moins troublant dans le bon sens du terme. Tout d'abord, de la part des papillons qui venaient de susciter en elle une réelle admiration. Et maintenant, Pyractès le centaure venait de s'incliner à quelques pas d'elle dans une révérence sans doute plus agréable que toutes les révérences qu'elle avait déjà connues dans son existence réunie. Elle se sentait soudainement beaucoup plus importante, comme si elle se découvrait une nouvelle que valeur que personne, ni même elle, n'avait jamais réussi à lui trouver. C'était étrange, mais il lui semblait que son petit coeur semblait s'emballer davantage. Et en clignant des yeux rapidement, parce qu'elle ne savait plus trop comment réagir, elle réalisa à quel point le centaure était près d'elle finalement. A cet instant également, elle réalisa à quel point elle ne l'avait pas regardé auparavant. Ou alors ne le regardait-elle pas de la même façon désormais, mais il lui semblait que les traits du centaure s'étaient adoucis, tout en restant aussi dur et abrupte qu'un peu plus tôt. Voilà une chose qui lui semblait étrange.

Il s'approcha encore plus et Reiwyn songea à reculer. Il devait bien faire cinq ou six têtes de plus que lui et elle eut toutes les peines du monde à réprimer son appréhension. Et puis il lui saisit la main. Ca, elle ne s'y était absolument pas attendue, a tel point qu'un frisson parcourut son dos. Mais au lieu d'être désagréable, la sensation était plus proche d'une certaine délectation. Il fit alors une chose bien étrange, s'inclinant au-dessus de sa main qui lui semblait subitement devenue minuscule pour y déposer son front. Perplexe, l'elfe garda le silence et resta immobile. Etait-ce là une sorte de salut révérencieux chez les centaures ? Elle ne connaissait absolument pas les coutumes de ce peuple et avait peur de commettre un geste désagréable. Alors que c'était tout sauf ce qu'elle souhaitait réellement. Et puis en même temps, sans trop savoir pourquoi, elle avait cette envie d'enfant capricieuse, de le toucher un peu plus, juste un peu plus, pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas.

Le temps passa très lentement avant qu'elle ne réagisse finalement, pressant doucement la main du centaure qui tenait la sienne. Sa gorge était serrée, elle se sentait incapable de parler. Pourtant, elle avait envie d'exprimer ce qu'elle ressentait, bien qu'elle soit encore incapable de mettre le moindre mot sur ce qu'elle était en train de vivre. Puis, de sa main libre, elle vint, légèrement en tremblant, effleurer la joue du centaure. C'était un peu perturbant, elle n'était absolument pas certaine de ce qu'elle était en train de faire. Mais elle savait qu'elle risquait gros et qu'au moindre faux pas ; c'était sa vie qui était en jeux.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Sam 31 Mar - 9:06


Lui-même ne savait pas trop ce qu'il faisait. Il avait agit par impulsion, presque par instinct. Ce fut lorsque la main fine se pressa contre la sienne qu'il réalisa, mais il était trop tard. Chez les centaures, c'était une promesse de protection. La seule promesse qui, avec le mariage, avait un réel sens dans leurs traditions. Un long frisson vint le parcourir lorsque l'autre main de l'elfe vint se poser sur sa joue. Voilà longtemps que personne n'avait posé ses mains sur lui, autre que les médecins lorsque cela était inévitable. C'était une sensation qu'il avait oublié, et qui, maintenant qu'il y goûtait de nouveau, lui manquait finalement. Il ferma les yeux, pencha la tête sur le côté pour rendre le contact plus franc. Il avait conscience d'être une bête immense face à cette frêle petite bête.

Rouvrant les yeux, il se releva un peu. Là, il vint prendre de ses mains celles de Reiwyn, les lui plaçant paume vers le haut. A cet instant, un des papillons vint se poser sur les mains de la noble elfe. Puis un autre, et un troisième. D'autres volaient, tournant autour d'eux. Le moment était indescriptible, c'était comme si la nature elle-même approuvait cet engagement pourtant, à bien des niveau, si loin de ce que l'on pourrait attendre d'elle. Planta son regard dans les siens, Pyractès se pencha de nouveau vers les mains le l'elfe, cette fois-ci pour souffler à l'intérieur, chassant les papillons qui se mirent à voler comme dans un tourbillon luminescent. Là, il venait de poser son existence entre les mains de la noble, comme ça, sans même la connaître, il y plaçait toute sa confiance.

Il ne prit même pas soin de le lui expliquer, cela pouvait être à sens unique, il n'en avait cure. Puis un peu plus ou un peu moins de mystère, cela ne changerait pas grand chose. Tôt ou tard, elle comprendrait, il en était sûr. C'était là le début d'une aventure dans laquelle il fonçait tête baissée à l'image des bouc détallant corne en avant. Une fois son souffle éteint, au bout de quelques secondes, Pyractès se releva et fit un pas en arrière, avant de lui tirer une nouvelle révérence.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Sam 31 Mar - 15:12



La nuit des papillons

 







C'était comme nager dans un océan d'étoiles. Comme si l'univers tout entier s'était mis à tourner différemment. Reiwyn n'était plus perturbée. En fait ce sentiment l'avait totalement abandonnée et elle ne cherchait plus à mettre des mots sur la douceur qui avait envahi son corps quelques instants plus tôt. Si c'était nouveau, elle avait pourtant l'impression de connaitre cela. Comme si c'était son instinct lui-même qui se sentait rassurée par cette sensation et qui lui offrait la possibilité de la nommer. Affection. C'était sûr et même si ça l'effrayait, elle ne devait pas craindre cela. Elle éprouvait donc une certaine affection pour le centaure qu'elle ne connaissait pas. C'était à la fois risible, comique et tout à fit normal. Car la princesse savait bien que ce genre d'affection soudaine pour un inconnu n'existaient en général que dans les romans que les humains adoraient tant et qu'elle avait déjà eu l'occasion de lire quelquefois. Mais elle savait tout aussi bien que les sentiments chez les elfes pouvaient être certes réprimés, mais jamais faussés et, si elle était capable d'accorder sa confiance ainsi, à une autre créature, c'était très probablement parce que les astres en avaient décidé ainsi.

Pyractès bougea légèrement et Reiwyn le laissa faire sans un mot, se contentant de fixer ses mains pour éviter le regard du centaure. Elle était un peu gênée par son regard, mais pas de façon négative, non, elle se sentait tout simplement beaucoup plus timide qu'en temps ordinaires. Quelques papillons vinrent lentement se poser sur ses mains et ses yeux s'écarquillèrent brusquement. Elle qui avait souhaité pouvoir en toucher quelques secondes plus tôt voilà que maintenant, certains d'entre eux prenaient la curiosité de venir à sa rencontre. Alors, son regard se porta finalement sur le centaure. Elle aurait voulu le remercier, mais aucun mot ne parvenait à sortir de ses lèvres, elle se contenta d'entrouvrir les lèvres. Puis l'immense créature souffla sur ses mains. Les insectes s'envolèrent avec une grâce hors du commun, mais la jeune princesse ne parvenait pas à détacher ses yeux du visage du centaure. Elle avait cette soif avide de le connaitre par coeur, d'en mémoriser chaque parcelle, chaque détail, chaque nuance, pour ne jamais l'oublier. Mais elle savait bien qu'elle serait bien incapable d'oublier une telle créature.

Il s'éloigna finalement quelque peu, réalisant au passage une énième révérence. Et Reiwyn resta là quelques secondes, les mains en l'air, avant de se ressaisir. Elle n'en menait vraiment pas large. Les bras de nouveau le long du corps, elle ne le quitta pourtant pas du regard. De toute façon elle s'en sentait tout bonnement incapable. Au lieu de cela et parce que son instinct lui dictait étrangement de faire certaines choses, elle fit un pas vers lui, puis un second. D'habitude, elle n'aimait pas franchement être aussi proche des autres, mais là, ça n'avait aucune importance. Elle fit un second pas, pour le rejoindre finalement et, lentement, comme pour ne pas brusquer ou agacer Pyractès, elle leva la main pour la poser sur la poitrine du centaure, juste au niveau de son coeur. Sans lâcher son regard et, d'une voix légèrement tremblante, elle déchira finalement ce si beau silence ;

« Hebin anim.* »

C'était de l'elfique et il ne comprendrait certainement pas la signification de ce propos, mais c'était peut-être mieux ainsi. Peut-être qu'un jour elle le lui expliquerai, mais en attendant, son ignorance était préférable aux yeux de Reiwyn. Parce que ce qu'elle venait de lui promettre en un sens, c'était quelque chose de bien plus important que tout ce qu'elle avait promis dans sa vie. Et c'était bien la première fois qu'elle prononçait ses mots là.

*Je le garde pour moi.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Sam 31 Mar - 22:07


Par les sabot du Sagittaire, Pyractès n'avait plus sentit telle émotion depuis plus de dix ans. Lorsque la main de l'elfe vint se poser sur son torse massif avec la même délicatesse que les papillons précédemment, un large frisson lui parcouru l'échine. Son regard était hypnotique, et le centaure se perdait dans l'océan qui s'étalait alors face à lui. La pression de cette main là juste au niveau de son coeur réveillait en lui quelque chose de profondément enfoui, ce contact si soudain était si familier chez les centaures. Lorsqu'il avait annoncé un moment plus tôt que leur rencontre était sous de bonne augures, il n'avait pas du tout imaginé que la situation prendrait une telle tournure. C'était impensable, inimaginable, pour lui, de ressentir tant de sensations pour une autre personne que sa défunte femme.

Puis il y eut sa voix, comme le tintement délicat d'une clochette. Elle prononça des mots qui lui étaient étrangers, mais qui lui semblaient être d'une force pareille à son geste. Elle laissa sa main sur le torse de Pyractès, ce dernier vint la recouvrir de la sienne. De l'autre, il vint toucher la chevelure rose de Reiwyn. Il avait une irrépressible envie de la serrer dans ses bras, de la mettre sur son dos et de partir au galop là où personne ne la retrouverait. L'immense créature se pencha d'autant plus, attiré comme un aimant vers son visage.

Mais alors qu'il allait poser son front contre le sien dans un geste d'une infinie douceur, il paniqua. D'un coup, ses pupilles rétrécirent, et son corps se tendit. A cet instant, il percuta tout ce qui était en train de se passer. D'un coup, l'image de sa femme vint en force. L'impression de la trahir fut soudain bien plus forte que cette attirance incroyablement délicieuse. Reprenant sa main, il se redressa de toute sa hauteur, traînant sur le visage une expression de douleur indescriptible. Il ne regrettait en rien la promesse qu'il lui avait faite, même s'il avait agit sur une impulsion, la décision avait été rapide, mais de pleine conscience. Cependant, tout ce qu'il ressentait face à la présence de cette jeune femme était effrayant.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Sam 31 Mar - 23:16



La nuit des papillons

 







Douce mélancolie. Plus les choses avançaient et plus Reiwyn avait l’impression d’être sûre d’elle, sûre de ce qu’elle était en train de faire et surtout, sûre de ce qu’elle ressentait. Et cette main qui effleurait ses cheveux lui donna envie de fermer les yeux pendant quelques secondes, simplement pour s’imprégner un peu plus fortement de cette divine sensation. Elle ne le fit cependant pas, se contentant d’observer encore et toujours Pyractès. L’elfe avait besoin d’être sûre que le sentiment qu’elle s’apprêtait à nommer n’était pas une erreur, qu’elle n’était pas tout simplement en train de se faire des films ou d’être tout simplement la victime d’un enchantement vicieux. Est-ce que ses parents avaient ressenti la même sensation lors de leur première rencontre ? Eux aussi avaient-ils eu cette étrange impression de se sentir entier pour la première fois de leur vie ? Si elle n’était plus perdue et ne doutait plus, Reiwyn n’en était pas rassurée pour autant. Elle avait peur de se tromper et de ne pas comprendre réellement ce que son cœur tentait de lui signifier.

Les choses s’accélérèrent au moment où il se pencha en avait pour se rapprocher d’elle. L’elfe senti son cœur s’emballer davantage, au point où ce dernier failli bien exploser en elle. Elle était à quelques centimètre de son visage à lui et elle devait avouer que cette idée était bien loin de lui déplaire. Cependant, cet instant ne dura qu’une fraction de seconde car déjà le centaure reculait, visiblement mal à l’aise.

« Je suis désolée. »

Elle s’éloigna quelques peu du centaure. Elle ignorait ce qu’elle avait bien pu faire de mal, mais elle sentait que quelque chose dans l’air s’était agité et elle avait perçu une tension dans le corps de l’homme. Sa main retomba mollement le long de son corps et elle préféra détourner le regard, pour fixer l’horizon au loin. C’était mieux ainsi, au moins ça lui évitait d’être face au centaure et de croiser ses yeux bleus. Et maintenant ? Elle s’était trompée c’était évident. Il n’éprouvait apparemment pas ce qu’elle-même était en train d’éprouver. Son cœur était en train de se briser, littéralement. Le rejet, Reiwyn ne l’avait jamais vécu non plus et elle devait bien avouer qu’elle aurait préféré ne jamais le connaitre. C’était douloureux, gênant, dégradant et humiliant. Elle avait presque envie d’en pleurer, mais les elfes ne pleurent pas. Alors par fierté, et surtout parce qu’elle ne savait pas quoi faire d’autre, elle s’éloigna de quelques pas et alla s’asseoir au bord du lac, pour contempler à nouveau les papillons. Elle ramena ses genoux contre sa poitrine à la manière d’une enfant et leva doucement les yeux. En espérant que les insectes bleus puissent lui accorder le réconfort dont elle avait besoin.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Dim 1 Avr - 21:49


Sa respiration était courte, ses mains tremblaient. Il lui semblait avoir brisé quelque chose de bien trop important. Elle s'excusa, puis changea de direction. Finalement, elle lui tourna le dos et partit s'installer en boule au bord du lac. Pyractès continuait de la fixer, restant figé dans la crainte. Tout avait été si vite, il ne comprenait plus rien. Comment pouvait-il ressentir une telle plénitude ? C'était impossible. Avait-il au moins le droit de ressentir ça en ayant perdu sa compagne ? Par réflexe, il leva les yeux pour questionner les étoiles, mais elles-mêmes ne démordaient pas, cette rencontre était écrite là quelque part, là où chaque jour s'écrivait et où toutes les existences se croisaient. Il n'avait pas besoin de rituel long et spécifique pour comprendre que cette fille là n'était pas comme les autres.

Mais qu'en diraient le reste de la horde ? Est-ce qu'en tant que leur chef il pouvait choisir pour compagne une femme d'une autre espèce ? Certes, il faisait entrer dans son troupeau un vent de tolérance et d'ouverture d'esprit mais là... N'allait-il pas risquer sa place et sa crédibilité aux yeux des siens ? Ses yeux redescendirent pour retrouver la chevelure rose qui lui faisait face. Et s'il s'octroyait ce droit ? Et s'il écoutait les astres et acceptait ces émotions qui gonflaient sa poitrine et provoquaient un long frisson le long de ses bras rien qu'à la savoir près de lui ? Il lâcha un profond soupire, puis fit demi-tour, faisant mine de partir. Au bout de deux pas, il refit demi tour, tournant en rond entre rentrer et la rejoindre.

Pile ou face. Il devait être fou. Il devait perdre la tête. Il devait être sérieusement atteint parce que son choix fut de faire demi-tour derechef et de partir au galop, les poings serrés et la poitrine en feu, l'impression d'avoir fait le mauvais choix lui brûlant l'estomac avec force. Ce fut alors dans un claquement de sabots sur la terre ferme qu'il s'enfonça dans la forêt, faisant s'envoler de nouveaux papillons.
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MessageRe: La nuit des papillons [LIBRE - TGV] | Dim 1 Avr - 22:22



La nuit des papillons

 







Terrible descente aux enfers. C’était comme si toute envie de lutter contre la mort en personne venait subitement de l’abandonner. Reiwyn ne savait plus vraiment ou elle était, ni même ce qu’elle était en train de faire. Elle sentait juste son cœur battre trop loin d’elle, dans les mains du centaure auquel elle s’était bêtement abandonnée quelques minutes plus tôt. Ça faisait mal. C’était de ses douleurs étouffantes qui donnent le tournis et qui sont impossible à oublier. Pourquoi est-ce qu’il lui faisait subir un pareil traitement ? N’avait-elle pas été bienveillante à son égard depuis le début de leur rencontre ? A croire qu’elle subissait là un antique malédiction pour ne pas pouvoir obtenir tout simplement ce qu’elle méritait. Le pire fut encore lorsque Pyractès quitta les lieux après quelques hésitations. Elle aurait préféré qu’il reste encore un peu, même s’il n’avait rien dit, simplement pour qu’elle ne soit pas seule. Elle aurait voulu qu’il vienne s’installer à côté d’elle et qu’il lui prenne la main, ou tout simplement qu’il veille sur elle, juste un peu. Mais pas qu’il parte comme un lâche, pas qu’il l’abandonne, emportant avec lui tout ce qu’elle venait de lui offrir, comme si ça n’avait pas la moindre importance. L’elfe se crispa, serrant ses genoux encore un peu plus contre elle, espérant soudainement qu’il fasse demi-tour. Puis, elle songea à lui courir après, à le poursuivre jusque dans la forêt. Mais il était déjà trop loin. Mais il était déjà bien trop tard.

Reiwyn attendit bien longtemps après qu’il ait disparu pour se mettre à pleurer. Mais bien loin des larmes humaines, celles de l’elfes avaient la couleur de perles précieuses et ses sanglots, discrets, ressemblaient à s’y méprendre au chant des sirènes la nuit. Pleurer n’était pas dans ses habitudes de princesse, en fait, ce n’était pas non plus dans ses habitudes de créature. Mais ses larmes portaient le gout amer de la déception, du dégout et de l’abandon. Elle qui avait pendant trop longtemps craint que l’on ne veuille pas d’elle se retrouvait désormais face à son pire cauchemar, à ce qu’elle redoutait tant ; la solitude. Elle se laissa tomber sur le côté, son visage rentrant brusquement en contact avec les abords du lac. Mais elle ne sentait plus la douleur, tant celle qu’elle avait au creux de la poitrine lui faisait mal. On lui arrachait tout bonnement le cœur, a deux mains, en tirant avec une force hors du commun.

Il faisait nuit noire et le spectacle de la nature s’était tu. Il n’y avait plus que son petit corps qui bougeait fugacement, au rythme de ses sanglots. Elle souffrait tellement qu’il lui fallut encore une heure pour parvenir à se redresser. Puis, au bout d’un temps qui lui paru interminable, elle se releva et commença à marcher. Elle devait rentrer chez elle et retrouver les siens. Mais ils poseraient probablement des questions et elle ne le souhaitait pas. Alors Reiwyn décida de se cacher. Des siens et d’elle-même aussi, pour continuer à pleurer en paix. Pour se lamenter sur la beauté de ce qu’elle venait de perdre. Pour tenter d’oublier à quel point elle avait été heureuse et à quel point on venait de tout lui enlever.

Après tout, les elfes n’aimaient qu’une seule fois.
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