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Pyractès
Horde de Lesperance
Nom de l'avatar : Viggo Mortensen
DC : Melville, Gilden, Sascha
Age : 36
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MessageBienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptySam 1 Déc - 23:44


En ce jour de décembre, le froid commençait à tomber sur Paris. Bientôt, la neige pourrait recouvrir l'immense ville de son manteau blanc, bloquant alors les rues fréquentées. En attendant la fine couche de neige maculée de pollution, les arbres perdaient petit à petit leurs feuilles. Cependant, sur l'île qui abritait la prestigieuse école de magie et ses alentours, le soleil était encore présent et la température était encore clémente. De toute façon, en méditerranée, ce n'était pas comme s'il pouvait vraiment y faire froid. Seule l'humidité rendait l'hiver désagréable dans ce coin de la France. C'était donc encore une saison propice aux sorties éducatives avec le cours de Soins aux Créatures Magiques. Pyractès était d'ailleurs là pour ça.

Au bord de la forêt, les bras croisés sur son torse nu et massif, il attendait les élèves. Il était là, fier et imposant, prêt à montrer à ces jeunes idiots ce que sont les centaures. Pour l'occasion, il ne s'était pas déplacé avec son habituel vêtement sombre rappelant celui de guerriers humains. Il avait opté pour le folklore. Enfin, c'était pour ne pas dire "la nudité". Parce que c'était ainsi qu'il se voyait. Cela ne le gênait en rien au sein de sa horde, mais lorsqu'il devait rencontrer d'autres représentants d'être magiques, il préférait opter pour une apparence plus conventionnelle, moins impressionnante. Parce qu'il fallait l'avouer, il était vraiment impressionnant.

Au delà du fait qu'il était mi homme et mi cheval, il avait plutôt la carrure d'un mulassier poitevin. Ce qui en soit, déstabilisait déjà beaucoup de créatures bien plus chétives. Même si son corps humain était beaucoup moins saillante, sa partie équine n'était qu'un amas de muscle recouvert d'une robe aussi noire qu'une nuit sans lune et sans étoile. Chaque reflet mettait en valeur le moindre relief et lorsqu'il évoluait alors, c'était tout un enchaînement de mouvement qui se produisait. Le tout avec une élégance incroyable par rapport à la masse qu'il représentait. Cependant, son torse humain n'était pas non plus en reste. Là aussi, si cela restait humainement parfaitement proportionné, chacun de ses muscles était dessiné. La seule chose qui pouvait interpeller c'était le fait que son ventre et son dos arboraient des tâches sombres rappelant sa peau équine.

Enfin. Ce jour là, il ne cacha rien de cette musculature. A la jonction entre son corps de cheval et son torse, une ceinture de cuire complètement travaillée à la main était posée. Une bourse y était alors accrochée. Aujourd'hui, avec les élèves, ils allaient parler de la faculté des centaures pour les arts divinatoires. La spécialité de Pyractès, c'était la lecture des étoiles. Mais comme il était inconvenant de sortir les enfants en pleine nuit, ils allaient se contenter de voir une lecture des runes. Il avait pour l'occasion prévu de prédire l'avenir d'un des élèves pour leur montrer. Pour finir, sa chevelure longue et brune était lâchée sur ses épaules, légèrement ondulée. Il n'avait pas rasé sa barbe naissante, tant par flemme que par manque de temps. Il fallait dire qu'il n'était pas spécialement dans une bonne période actuellement.

Au delà de la mort de sa femme, il y avait cette elfe dont il n'avait eu plus aucune nouvelle. Dire qu'ils avaient passé un pacte ensemble. Qu'ils s'étaient promis l'un à l'autre. Connerie. Balivernes. Rien que d'y penser, le centaure tapa du sabot contre le sol meuble de la lisière de la forêt maudite. Quelle idiotie. Il était à deux doigts de rompre les accord passés avec les elfes pour le coup. Lui qui pensait la présenter à sa horde, heureusement qu'il ne leur en avait jamais parlé. Non seulement il aurait perdu tout crédibilité mais en plus, ses plus proches amis se seraient moqué de lui... Secouant la tête de droite à gauche, emportant ses cheveux soyeux dans le même mouvement, il chassa toutes ces pensées désagréables. Il devait se concentrer sur sa mission du jour. Seulement sur sa mission du jour. Il fallait que tout se passe bien. D'ailleurs, la classe ne tarda pas.

Professeur Ivanov, mon ami. Dit alors le centaure de sa voix portante, frappant dans les basses en s'approchant des élèves dans le bruit sourd de ses sabots afin de venir les accueillir. Bienvenue les enfants. Je m'appelle Pyractès et je suis le chef de la horde de l'Espérance. Se présentait-il alors, l'air toutefois solennel. Le cours commença.
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Livia Latulipe
Famille Obéron
Nom de l'avatar : Maria de Medeiros
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyMar 1 Jan - 16:20


Ce matin là, Livia réussit à se libérer de ses petits protégés plus vite qu'à l'accoutume. En réalité Galiléo n'avait pas été trop bavard, ce qui déjà, avait permis de dégager aisément les trois quarts du temps qu'elle consacrait habituellement à ses amis particuliers chaque matin. C'est ainsi que pour une fois, la jeune fille prit le temps de remonter les marches menant au réfectoire à son rythme. C'est à dire sans détaler comme un certain lapin très connu dans le monde des moldus en vociférant "en retard, en retard ! je suis en retard !". Elle prit également tout son temps pour petit-déjeuner, préparant avec une minutie presque maniaque ses tartines de confiture de fraise.

Pour une fois également, elle fût présente à l'heure du courier. Elle observa avec fascination le ballet    qu'étaient en train de se jouer au-dessus de sa tête... En effet, quelques dizaines de hiboux et de chouettes voletaient au-dessus de la foule d'élèves, repérant -souvent d'un seul coup d'oeil- leurs propriétaires et les rejoignant de quelques coups d'ailes vigoureux et justes. Noctua se posa alors délicatement sur l'épaule de Livia et lui tandis une patte à laquelle avait été noué un petit rouleau de parchemin scellé.
Noctua était une petite chouette chevêche, très répandue en France. La plupart  de ses camarades voyait d'ailleurs leur courrier desservi par une chevêche. Cependant, Liv' trouvait Noctua un peu spéciale. A peine plus petite que la normale (19,5cm de longueur alors que la moyenne se situait plutôt entre 23 et 27 cm), elle effectuait néanmoins son travail avec efficacité voire même, on peut le dire, avec une certaine implication dans la tâche qui lui était confiée. Livia déttacha de la patte de l'animal le rouleau de parchemin et la gratifia d'une petite caresse sur le coin de la joue. En guise de rémunération pour le travail accompli, la jeune portugaise fouilla énergétiquement dans son sac pour y attraper un crocqu'Hibou qu'elle donna à sa petite chouette. C'est avec son petit cri aigüe et caractéristique qu'elle salua sa maitresse avant de s'envoler de nouveau, prête à vaquer à sa principale occupation de la journée. C'est à dire : dormir.

Livia déplia le rouleau et y découvrit une écriture brouillonne : celle de son père.
Ses parents étaient partis quelques semaines plus tôt en Birmanie pour étudier la floraison des Pipaillons. A l'image de certaines espèces de bambous qui fleurissent en masse, le pipaillon fleurit une fois tous les cents ans. Par exemple, l'espèce Phyllostachys bambusoides est connue chez les moldus pour ne fleurir qu'une fois tous les cent trente ans. Ce qui est d'autant plus étrange est que, peu importe la situation géographique des plants, tous les bambous d'une même cohorte fleuriront en même temps et pour une même durée. Que vous soyez en France, aux Etats-Unis, en Chine ou en Australie, vous pourrez humer le parfum des fleurs de bambous aux mêmes instants. Après si cela reste impressionnant pour nous humains - ayant une espérance de vie beaucoup plus courte- cela reste inoffensif. On ne peut que s'ébahir devant une telle synchronisation ! Pour le Pipaillon en revanche, cela est une bien autre histoire...

Prenez gare à vous imprudents ! Si pendant ses 99 premières années d'existance le Pipaillon n'est pas dangereux le moins du monde, il en est tout autre lors de sa centième année... En effet, les fleurs de Pipaillon produisent un parfum qui s'adaptent aux animaux -et donc aussi aux personnes- présentent à portée de museaux, de becs ou de pifs. Cela permet de les attirer, par des odeurs qui leurs semblent famillières et rassurantes... et qui agissent comme anxiolytiques voire même -on peut le dire- comme une véritable drogue, sur les victimes.
En réalité, cela fonctionne comme un filtre d'amour. C'est d'ailleurs à partir de cette espèce végétale qu'il a été distillé le tout premier filtre d'amour ayant jamais été créé sur Terre. D'autre part, il convient de préciser que la concentration du composé actif dans les spores odorantes de Pipaillon est nettement plus élevée que dans les quelques millilitres d'une dose de filtre d'amour auxquels les sorciers ont ajoutés d'autres matières afin d'atténuer certains effets secondaires...

Comme principal effet secondaire les botanistes ont tout d'abord constatés -il y a déjà plusieurs centaines d'années- la perte de l'usage des membres chez les animaux. Cela permet, en outre, au Pipaillon de capturer sa victime de manière définitive. La suite des événements reste, cependant, plus méconnue. Il est en effet très difficile pour les botanistes d'étudier un phénomène qui ne dure que quelques mois sur cent longues années. Et ce ne sont rarement -voire jamais- les mêmes scientifiques qui peuvent être présents pour étudier ce phénomène sur deux cycles. Vous aurez certainement compris pourquoi...
Pour l'heure, les sorciers ne savent pas encore pourquoi ce phénomène a lieu, ce qu'il apporte à la plante, s'il est essentiel à sa survie ou non... Tant de questions que les Latulipe avaient entrepris, quelques semaines plus tôt donc, d'élucider  ! Livia prit également tout son temps pour déchiffrer la lettre de son père. Le rouleau de parchemin disait :

"Ma chère et tendre petite Tulipe chérie,

Tu n'es pas sans savoir que nous sommes partis -avec ta mère et une petite équipe de passionnés!- il y a de cela deux mois et demie en Birmanie pour observer la floraison des Pipaillons asiatiques qui a commencé à avoir lieu fin octobre...
Ces êtres sont tout simplement fascinants ! Voilà que la forêt de Pipaillons s'étend sur presque un kilomètre (c'est pourquoi nous avions décidé d'étudier le phénomène ici, où nous avons une très large population constituées de spécimens très différents rassemblés en un même lieu!). Plusieurs animaux ont déjà commencé à subir les effets des fleurs... Des singes, des antilopes, énormément d'écureuils volants et même deux léopards...! Aucun décés n'est à signaler pour le moment. Les animaux ont gardé leurs yeux ouverts pendant des semaines sans dormir et sans rien avaler... Cela aurait dû les tuer mais ils sont toujours en vie. Pour notre part, ne te fais pas de soucis nous nous protégeons à l'aide de sortilèges -entre autres- ainsi qu'avec des équipements moldus franchement très pratiques (des "lasques à goz", oui oui encore une idée farfelue de Jean-Louis... !)
Nous venons également de faire une découverte : nous avons pu récupérer quelques spores et leurs effets sont limités dans le temps.
Par contre, il nous est très difficile de communiquer avec ces êtres. De toute évidence, la loi du silence règne en maître chez eux... Parvenir à établir un dialogue va donc nous demander énormément de travail... Et par conséquent beaucoup de temps...

Bref nous te tenons au courant de ce qu'il se passe ici en Asie. Pour l'heure nous ne pensons pas pouvoir être présents à Noël. Nous pensons donc qu'il vaut mieux pour toi que tu restes à Beauxbattons pendant tes congés de fins d'année. Tu y seras sans doute entourée de compagnons plus aimables que Gretta ou Robert et mangera bien mieux le soir du réveillon que si tu décidais de rentrer...
Avec tout notre amour, nous te souhaitons de bonnes fêtes,

PS : tu recevras bien entendu de très beaux cadeaux sous le sapin le 25 !

Papa et Maman qui t'aiment".



Le poing serré, Livia tordit avec fureur le vulgaire morceau de papier qu'elle venait de lire. Elle chassa quelques larmes de fureur qu'elle ne sût retenir à grandes gorgées de jus de citrouille et se leva, d'un pas décidé. Elle laissa délibéremment le morceau de parchemin sur la table, préférant ne pas encombrer ses poches de cette pollution pour le coeur et pour l'esprit. Lorsqu'elle se leva, le bout de parchemin s'envola. Il vire-voleta un peu plus loin pour retomber et s'envoler à nouveau au grès des courants d'airs du vaste réfectoire de Beauxbattons.
C'est le ventre plein, et le coeur un peu vide, qu'elle s'échappa en direction du deuxième étage de l'aile Elementarius afin d'assister à son premier cours la matiné. Le cours du très légendaire professeur Ivanov.

Parvenue en haut des escaliers, Livia se laissa glisser contre un mur devant la salle de cours jusqu'à s'asseoir sur le sol en tailleur. Elle prit -une fois encore- le temps de retrouver son soufle et ses esprits en inspirant profondément puis en expirant. Les yeux clos, elle répéta l'opération plusieurs fois. Lorsque les battements de son coeur retrouvèrent leur rythmique plus ou moins habituelle, Livia ouvrit les yeux. Stupéfaite. Comment se faisait-il que personne n'était encore arrivé...? Pas même l'enseignant...?
La réponse arriva d'un seul coup, tout comme la dose d'adrénaline qu'elle créa. Livia se releva d'un bond ! Non d'une gargouille ! Vévé avait raison !!! Elle avait oublié que le professeur Ivanov avait prévu une sortie scolaire pour leur prochain cours de Soins aux Créatures Magiques ! Il avait prévenu la classe que le prochain cours se tiendrait à l'extérieur et leur avait donné rendez-vous à la lisière de la forêt maudite.

Elle se mit alors à courir comme elle n'avait jamais courru de toute sa vie. Elle descendit les marches des deux étages quatre à quatre, sauta même les cinq dernières d'un seul coup en se rattrapant tant bien que mal ses genoux fléchis. Elle fila droit vers la forêt mais n'apperçut pas son groupe... Ils avaient dû s'enfoncer peut-être légérement dans la forêt... Le cours devait avoir déjà commencé...

Tout en continuant de courir elle demanda aux plantes alentours si elles avaient apperçu un groupe d'élèves farouches et leur frêle enseignant de SCM.
Par chance, ils étaient passés il n'y avait pas dix minutes de cela et un végétal plutôt rabougris pût indiquer le chemin à la jeune portugaise.
Ce n'est qu'une fois qu'elle apperçût le groupe qu'elle décida de ralentir, suant à grosses gouttes. Il faisait un froid de canard à l'extérieur mais cela ne l'empêchait pas de mourir littéralement de chaud sous la laine de son uniforme scolaire. Elle replaça sa mèche sur son front d'un coup de main pour se redonner une contenance, avala sa salive et s'aventura quelques pas de plus pour entrer dans le groupe... Elle s'excusa auprès de son professeur et de sa classe :

- Veuillez m'excuser pour mon retard Monsieur Ivanov, et vous tous, je.... Disons que je me suis... égarée... Tout est de ma faute...

Elle releva la tête mais ce n'était pas le visage du professeur qu'elle croisa en premier mais celui d'un tout autre homme... En fait, ce n'est pas non plus son regard qu'elle croisa aux premiers abords. Ses yeux allaient et venaient entre les abdominaux et pectoraux de l'homme torse nu devant elle jusqu'à sa queue noire d'ébène et touffue, en passant par ses quatre lourds sabots recouverts d'une fourrure noire et élégante...
C'est alors que, les yeux rougis précédemment par les larmes, les joues rosies par la course, ainsi que le front et le cou luisants de sueur qu'elle releva la tête pour enfin croiser le premier regard de la journée... Elle faillit chanceler en croisant le regard de l'homme cheval qui se tenait fièrement devant sa classe... Elle tenta de balbutier quelque chose qui voulait sans doute dire qu'elle s'excusait également auprès de lui. Mais il était difficile d'affirmait ou non si la jeune fille était audible.
Elle devait déjà faire preuve d'une concentration incroyable pour tenir sur ses jambes flageolantes.

Après les bisons imaginaires de la semaine passée lors de sa véritable première rencontre avec Sascha, voilà qu'elle avait un Centaure -et pas des moindres!- bien réel sous les yeux...
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Pyractès
Horde de Lesperance
Nom de l'avatar : Viggo Mortensen
DC : Melville, Gilden, Sascha
Age : 36
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyMar 8 Jan - 22:32


Le cours commença. Enfin... C'était sans compter sur cette jouvencelle des prés pour détruire le cours dans l'oeuf. Il n'avait même pas commencé que déjà il fut interrompu sans aucune classe par une gamine aux yeux mouillés et au teint rougeaud arrivée essoufflée et surtout : en retard. Le corps entier du centaure se tendit sous la frustration d'avoir été interrompu avant même qu'il ait pu se lancer, saillant que plus chacune des courbes de ses épaules massives. Autant dire que s'il avait eu des armes à feu à la place du regard, la jeune fille n'existerait plus à cet instant.

D'un pas lent et rythmé par les bruits de ses sabot battant le sol, Pyractès avança par la jeune fille. Cette dernière avait perdu l'usage de ses mots à la vue du centaure. Cela pouvait bien être la première fois qu'elle se retrouvait face à un être magique d'une telle ampleur, le demi-homme s'en fichait pas mal. Il fallait dire que l'éducation des jeunes de la Horde étaient élevés au "marche ou crève". Heureusement, il fut interrompu par un regard bien calibré de la part du professeur, un sourire un peu niais qui fit pincer les lèvres au poney. Grimaçant, il se pencha par dessus la jeune fille, venant planter son regard dans le sien.

Et bien, le destin m'envoie une volontaire pour notre activité du jour. Dit-il en détachant bien chaque syllabes pour appuyer ses paroles.

L'immense créature se redressa de toute sa hauteur, toisant la pauvre élève avec puissance et toute la mauvaise humeur qu'il pouvait rassembler dans ses prunelles. Il fit ensuite le tour du groupe d'élève, les bras toujours croisés contre son torse solide. Chacun suivait son regard mais lui fixait toujours Livia. En fait, à la réflexion, il avait presque envie de la faire pleurer juste pour se décharger un peu. Mais s'il tenait à garder ses relations avec les sorciers et autres bipèdes plus ou moins rétrogrades dans leur vision des centaures... Il ne devait pas ouvertement passer ses nerfs sur une pauvre gamine là au mauvais endroit, au mauvais moment. Il devait réussir à les faire dépasser leur vision de l'équidé acariâtre et hargneux.

Aujourd'hui, nous sommes là pour aborder le sujet de la divination. Qu'est-ce que vous savez dessus ? Est-ce que vous avez déjà eu une expérience avec la divination ? Demanda-t-il à tout le groupe, même si tout un chacun aurait pu croire qu'il s'adressait uniquement à la retardataire.
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Livia Latulipe
Famille Obéron
Nom de l'avatar : Maria de Medeiros
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyDim 13 Jan - 19:47


Les yeux de l'homme se posèrent sur ceux de la jeune fille et la transpercèrent.
Son coeur, qui jusque là battait à la limite de rompre son sternum sembla s'arrêter, comme suspendu. Le temps aussi, eu l'air de ralentir. Cela était étrange car la mâchoire de l'homme ne montrait pas le moindre signe d'irascibilité ou de colère -même maitrisée-, à peine un air d'exaspération léger. Pour tout vous dire, les yeux suffisaient. Ce regard était aussi pénétrant que pouvait l'être l'humidité de la forêt interdite en plein mois de décembre : il était glacial, puissant et imperturbable. Il était fait d'une froideur qui vous paralyse le corps et l'esprit. Il était de ces regards qui peuvent vous lire, vous deviner sans pudeur, aucune...
Ainsi passée au rayon X, Livia se sentit soudainement nue devant l'homme. Le temps sembla alors s'arrêter complétement. Ses camarades et l'enseignant disparurent, et même la forêt. Ne laissant que le vent, agressant la peau nue de la jeune fille, le froid et le bleu. Sans aucun doute, ce regard était bien trop perçant pour n'être qu'humain. Ou alors Livia était bien trop faible mentalement en cette matinée pour tout simplement parvenir à y faire face. Qui sait...

L'iris par contre, était agréablement saisissant : d'un bleu pâle, azurin. Livia ne pouvait s'en détacher autant par peur que par fascination. Qui plus est, elle ne s'y connaissait pas assez en centaure pour savoir s'il vallait mieux ou non détourner le regard. Le risque étant que ce geste aurait pu être mal perçu. Elle savait que devant un animal sauvage il ne fallait pas détourner le regard. Il ne s'agissait pas d'un animal mais quelque chose de sauvage émanait tout de même de la créature.
De plus, Livia savait aussi -de quelques lectures ici et là- que certains de ces êtres pouvaient se montrer très susceptibles...
Il fallait donc éviter tout signe qui pourrait être interprété comme une fuite, ou une ignorance volontaire.

Mais comment ignorer une créature pareille ? Surtout lorsqu'elle-ci s'avance vers vous d'un pas lent et lourd, comme pour rappeler la supériorité physique de la bête face à la jeune femme...
Livia déglutit. Il se stoppa au-dessus d'elle et déclara :

- Et bien, le destin m'envoie une volontaire pour notre activité du jour.
- Avec un peu de chance l'activité du jour c'est "reproduction sexuée chez les mammifères" !

Cette remarque de l'echeveria réussit à ramener Livia dans un semblant de réalité. Les autres protagonistes ré-apparurent dans son champ de vision, Sascha se trouvait juste à sa gauche. Lorsqu'elle le remarqua -sans pour autant détourner la tête de l'homme-cheval-, Livia pu prendre conscience de l'importance qu'avait pu prendre ce jeune homme dans sa vie. En effet, une étrange chaleur vint doucement exploser au creux de sa poitrine et commençait doucement à remonter jusqu'à ses mains, en passant progressivement par ses bras. Elle n'était plus seule. Elle n'avait jamais été seule. Elle vit également du coin de l'oeil que son professeur se tenait toujours non loin, veillant au grain. Pour finir, elle sentit de nouveau le poids de ses vêtements sur son corps, et celui de son pendentif sur son cou qu'elle serra doucement de la main comme pour signifier à son amie "merci".

Toujours aussi impressionant, Livia se rendit compte que le centaure ne lui semblait pas véritablement hostile.  Colossal, chaque muscle se dessinait sur son torse avec une précision grecque et, lorsqu'il marcha de nouveau, Livia pu les voir rouler sous la peau équine tâchetée de noir.
Elle rosit de plus belle lorsqu'il lui demanda si elle s'y connaissait en divination. Cela ne pouvait pas tomber plus mal. Depuis sa cinquième année, elle avait préféré se consacrer à d'autres options que celle-ci... Livia craignait cette discipline. Si les Latulipe avait une devise familiale elle serait "Carpe diem, quam minimum credula postero". Cueilles le jour sans te soucier du lendemain. Mais comment cueillir le jour si nous avons une épée de Damoclès en équilibre précaire au-dessus de la tête?
Lire dans les feuilles de thé, les tasses de café, les étoiles ou les boules de cristal ne pouvaient que rarement n'apporter que des bonnes nouvelles pour une raison toute simple : la vie, n'est pas faite que de bonnes choses. La plupart du temps d'ailleurs, il y en a plus de mauvaises que de bonnes.
Il suffisait de retracer ce début de matinée pour s'en rendre compte.
Livia lança un regard à son professeur. Comme pour savoir s'il était bon ou non de répondre. Puis elle regarda de nouveau le centaure.

Sa voix fût plus aiguë qu'à l'accoutume, et tremblait un peu, mais Livia parvint à répondre :

- Je n'ai suivi que quelques cours en troisième et quatrième années Monsieur... C'est bien peu je pense.
Elle marqua une pause.
- Je connais les bases de la lecture dans les feuilles de thé, et quelques interprétations de rêves courants...
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Pyractès
Horde de Lesperance
Nom de l'avatar : Viggo Mortensen
DC : Melville, Gilden, Sascha
Age : 36
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyLun 4 Fév - 1:04


Un peu plus loin Lysander lui fit un petit geste. Un tout petit mouvement empreint d'autant de respect que de douceur lui demandant de ralentir un peu. Les jeunes avaient beau être en dernière année... Ce n'était pas une raison pour ne pas les ménager et les traumatiser. Cela devait être une rencontre sensée ouvrir les esprit, pas pour perpétuer cet écart entre les centaures et le reste du monde. Pyractès dû se mordre la lèvre pour ne pas assommer la pauvre demoiselle qui, la voix tremblante, lui répondit finalement à la question. La réponse ne lui convenait pas vraiment, la créature ne comprendrait jamais comment est-ce que l'on pouvait se détourner de pratiques millénaires... Enfin soit. Il la remercia d'une révérence pour sa réponse puis il toisa tout le groupe de toute sa hauteur avant de reprendre.

- Nous autres centaures sommes baignés dans la divination depuis notre plus jeune âge. Certains sont plus doués que d'autres, mais tous nous savons décoder le message des étoiles. L'astrologie est d'ailleurs notre spécialité. Cependant, nous utilisons aussi d'autres moyens pour communiquer avec les esprits qui nous entourent.

Pyractès marqua une pause pour ne pas ensevelir cette petite bande de pubères d'informations. Il savait bien qu'il leur fallait du temps pour noter ses mots pour les plus studieux, ou pour assimiler le sens de ses paroles pour les moins sérieux. En tout cas, pour une fois, tous étaient relativement calmes, on pouvait entendre les respirations de chacun, la vie de la forêt qui s'étendait près d'eux. On entendait le vent léger qui bousculait la cime des arbres. Voilà qui détendit notre massive créature qui, malgré tout, adorait transmettre son savoir. Si alors la classe pouvait l'écouter avec un tel sérieux tout le long... Voilà qui l'arrangeait ! Enfin qu'on se le dise, c'était pour beaucoup très certainement dû au fait que personne ne voulait le mettre en colère...

- Nous n'avons pas de thé ou autres moyens de lecture. Nous nous concentrons sur notre ressentit, sur les lignes de la main, ou encore, sur les runes. Lorsqu'il termina sa phrase, le centaure prit sa bourse, la retira de sa ceinture et la secoua devant le nez levé des élèves. Aujourd'hui, nous allons parler des runes, je vais vous les présenter et nous allons, avec notre chère amie, procéder à un tirage simple à 5 runes.

Là, au signal du professeur, il commença à présenter ses runes. Il leur expliqua avec une ferveur incroyable comment est-ce qu'il les avait lui-même taillés dans du bois d'un chêne millénaire encore debout au beau milieu de la forêt maudite. Il leur parla de l'alphabet, le futhark. Puis il parla de Odin, de la mythologie nordique. Ce fut avec beaucoup de passion que durant une bonne heure, il ennuya le groupe de jeunes. Enfin, ça dépendait. Les filles semblaient étrangement beaucoup plus intéressées que les garçons par notre centaure débordant de testostérone. Finalement, tous furent réveillés lorsque Pyractès annonça la seconde partie de ce cours : le tirage des runes.

- Bien, approche maintenant. Est-ce que tu peux me donner ton nom, ton prénom et ton âge s'il te plaît ? Un petit sourire mesquin étirait sa bouche fine alors qu'il pointait la jeune élève du doigt. Il se doutait presque de ce qu'il allait pouvoir tirer, la fixant de son regard pénétrant, débordant de préjugés.
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Livia Latulipe
Famille Obéron
Nom de l'avatar : Maria de Medeiros
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyVen 15 Fév - 15:39


L'équidé transmettait avec une passion peu commune ses connaissances en matière de divination. Mis à part la voix modulée du centaure seul, le bruissement des feuilles battues par le vent faible était perceptible : les élèves étaient captivés.
Le Roi de la forêt transformait un amas de connaissances fastidieuses et harassantes en un flot d'histoires et de contes s'enchevêtrant les uns dans les autres. Il n'était pas de ses professeurs qui passaient des heures et des heures à préparer leurs cours. Il ne ressemblait en rien à ses enseignants passionnés qui, dans leurs bulles, pouvaient oublier qu'ils devaient travailler de mèche avec des classes toutes aussi différentes qu'il y avait d'individualités au sein d'un même groupe. Ces perfectionnistes étaient bien dans l'embarras lorsque le déroulé réel de leur cours s'échapper de la ligne droite théorique qu'ils avaient tracée avec tant de passion. Le centaure lui, n'était pas artificiel. Son cours n'était peut être pas parfait, mais sa culture était tellement différente de celle des humains qu'il était à lui tout seul un puits de richesses. Il suffisait de se laisser porter...

C'est ce que fit Livia. Elle oublia, durant quelques dizaines de minutes, les péripéties rocambolesques du matin. Elle ne le quittait plus des yeux. Elle le dévorait même comme, disons-le, un nombre avancé de ses camarades. Elle se dit que, si le but de son professeur de SCM avait été d'ouvrir leurs esprits de sorciers étanches à la tolérance, le pari était gagné.
Mr Ivanov ne les avait sans doute pas fait venir pour un cours de divination, non, ce n'était pas son rôle. Son objectif était beaucoup plus grand et il dépassait les apprentissages car il était mené en toute subtilité. Non Monsieur, nous n'apprendrons pas à dresser du centaure à la baguette ce matin, de même que nous n'apporterons pas de précisions sur son régime alimentaire qui devait être drastique pour obtenir une robe aussi épaisse et brillante que celle du spécimen présenté lors de cette matinée de travaux pratiques... Son professeur avait toujours traité les créatures présentes à ses cours avec un réel respect. Ce matin il semblait pourtant que plusieurs marches avaient été franchies. Le centaure avait été présenté comme leur égal, tout simplement.

Livia compris aussi très vite que ce n'était pas n'importe quel centaure qui avait été choisi. Celui-ci n'était peut-être pas si agressif qu'il semblait avoir voulu paraître. Pour autant, assurez-vous que personne ce matin-là n'aurait osé lui manquer de respect. Dans tous les cas, il n'était pas hostile à l'idée d'échanger avec des êtres humains. Il était en effet venu pour partager sa culture, ses connaissances, son temps, son foyer et même d'un peu de sa personne avec de jeunes élèves qui n'avaient pas grand chose à lui offrir en retour, si ce n'était leur attention. Et cela le rendait étrangement plus humain que la plupart des hommes.
Chef de la horde de l'Espérance, ce nom en disait déjà long.

Pour notre jeune druidesse, le récit du centaure était ponctué de quelques exclamations de ci, de là, portées par les êtres vivants de la forêt. Elle avait sans doute la chance d'être la seule à ne pas considérer les végétaux comme simple arène les accueillant, tous, mais comme un second public, moins discret à ses oreilles que celui formé par ses camarades intimidés. En ces terres, les arbres semblaient friands de contes épiques Nordiens tels que ceux d'Odins, dont le centaure les régalait.
D'autres encore s'enchantaient de la venue inespérée de l'homme cheval à quelques foulées de l'école seulement. Plus rares, les plus grands et plus vieux chênes, pouvaient réciter quelques poémes d'Edda. Cependant, un retint réellement l'attention de la jeune druide :


Les Runes des écorces vous devrez apprendre, si d’une guérison vous avez besoin
Et d’un onguent pour soigner vos blessures ;
Sur l’écorce vous devrez les graver mais sur des arbres
Dont les branches tendent à l’est !


Par ailleurs, l'équidé venait d'expliquer, quelques minutes auparavant, avoir apporté des runes taillées dans l'écorce d'arbres de cette même forêt...
Livia se surprit alors à rougir lorsqu'une pensée pour le moins déplacée émergea dans son esprit... En réalité, elle aurait bien aimé que le centaure soignent ses blessures à l'aide -ou non- d'onguent !

Elle était encore pivoine lorsqu'il revint vers elle, lui demandant d'approcher. Il esquissa non furtivement un sourire énigmatique empreint de malice. Il se jouait d'elle. Exactement comme un chat pouvait savourer la prise de sa proie... Il avait laissé croire à sa victime qu'elle pouvait reprendre son souffle, juste à l'instant où elle pensait suffoquer, pour la sécher de nouveau d'un coup de patte habile. La personnalité de cet être était entièrement à cerner, mais Livia était prête à relever le défi. Ses pommettes retrouvant petit à petit le blanc de nacre naturel de sa peau, elle gonfla la poitrine. Passant en mode communication non-verbale comme lui même savait en jouer si bien, la jeune s'avança et se positionna bien droite à un mètre de l'animal, les bras le long du corps. Impressionnée, mais en confiance à présent, sa voix ne tremblait plus.

- Je m'appelle Livia Latulipe, Monsieur. J'aurai 17 ans dans quelques jours, le 20 décembre.

Elle remonta lentement ses avant-bras pour les croiser contre sa poitrine, sans quitter les douces prunelles du centaure.
Son regard, au contraire de sa posture, n'exprimait ni le défi, ni le jeu. Elle se forçait tant bien que mal à le garder le plus neutre possible ; répondant avec finesse à l'appel au jeu de ce sourire rayonnant, quelques peu enfantin, mais surtout, moqueur.
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Pyractès
Horde de Lesperance
Nom de l'avatar : Viggo Mortensen
DC : Melville, Gilden, Sascha
Age : 36
❖ ❖ ❖ ❖
MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyDim 17 Fév - 15:56


Pyractès fixait la jeune fille, un sourcil haussé et l'air complètement moqueur. Elle se dressait là, droite et fière face à lui. Le regard rivé vers lui. En réalité, il se battait intérieurement pour ne pas rire. Parce qu'il fallait l'avouer, voir une petite branche si frêle jouer aux dures face au tronc qu'il était à côté... C'était quand-même risible ! Elle semblait à cet instant impertinente, et si elle avait l'air de s'efforcer à garder un air dénué d'une réelle émotion, pourtant, le centaure semblait lire en elle comme dans un livre ouvert. L'hybride animal se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire et rompre cette atmosphère studieuse qu'il avait réussi à instaurer. Le comportement de la brune anima l'instinct joueur du centaure, signifié par un éclaire lui traversant le regard. Comme si les arbres se mettaient à rire de ce revirement de situation, un courant d'air traversa les branches des chênes bordant la forêt dans un bruissement joyeux.

Non sans lâcher l'adolescente des yeux, il fit un pas vers elle dans un bruit sourd de sabot frappant le sol meuble de tout son poids. Il se pencha alors, pliant ses pattes épaisses et musclées. Le temps d'un instant, il fut plus près d'elle qu'il n'aurait dû l'être. Le temps d'un instant, il était comme un dragon s'approchant de sa proie, la jaugeant avec intérêt. Mais rapidement, son corps équin se mit à terre dans un mouvement lourd mais non sans élégance, retrouvant alors une distance raisonnable entre la jeune demoiselle et lui. Alors qu'il était allongé, et qu'elle était debout, ils étaient pourtant presque à la même hauteur. Dans ses mains se tenait la petite bourse contenant les runes qu'il allait tirer. Un sourire espiègle contrastait avec ses yeux concentrés.

« Ô Toi, l'ancien, le dieu Odin, passerelle entre le Père des Cieux et la Mère de la Terre, dispensateur pour l'homme de pain et d'eau, je souhaite obtenir de toi, dès à présent, une faveur. De Toi-même un Oracle fut créé; je te demande donc pour l'occasion de joindre ton Esprit au mien, afin que le Secret de chaque Rune me soit dévoilé. Ainsi soit fait! » Récitait-il alors pieusement, plongeant la main dans la bourse de cuire souple.

Un nouveau courant d'air se fit sentir, froid, traversant les vêtements. Un frisson parcourut alors le centaure. Ce dernier avait beau être habitué à ces réponses de la nature, il n'en restait pas moins un être de chaleur et sa peau épaisse ne le protégeait pas de tout. Il le savait, il le sentait. Lorsqu'il sortit sa main, se trouvaient dedans cinq runes, cinq rondins de bois délicatement sculpté arborant les runes divinatoires. Il les posait alors sur le sol avant de baisser les yeux vers elles. Il avait disposé chaque rune dans un ordre bien précis, pointant le Nord, le Sud, l'Est et l'Ouest, ainsi que le centre. Lorsqu'il releva la tête, il s'adressa à tout le groupe d'adolescents.

- La croix d'Odin. Un tirage simple et complet qui donne des réponses de qualité. Je vais effectuer une analyse rapide du tirage pour vous montrer vaguement. Vous apprendrez vraiment ça en cours de divination si ce n'est déjà fait. Il reposa ses yeux sur Livia avant de retourner au tirage. A l'Ouest, aperçu général du cadre du tirage. Ici, ᛝ Ingwaz. Temps de Prospérité, Fertilité, Fécondité et Expansion, Sentiment de Sécurité, Amour. Un brin de malice dans le regard, il fixait la jeune fille. NORD - Forces négatives qui sont en action: ce à quoi l'on doit faire attention. Il s'en retournait ensuite aux runes. Ici, ᛏ Tiwaz. Le don de soi, le sacrifice. la compétition, l'autodiscipline, le sens des responsabilités, le sens de l'honneur, la joute “fair play”. Il semblerait que le Dieu de la Guerre ne soit pas du même avis que le bonheur annoncé. La rune est à l'envers, elle peut faire mal tourner un de vos projets et aussi, faites attention au sexe opposé, pour ne pas être déçue. J'en déduis qu'un homme viendra perturber la quiétude de votre situation.

Il marqua une pause, un sourire en coin. Les jeunes autour de Livia se mirent à rire. Des phrases comme "déjà qu'elle est toute seule" et "attention aux mâles !" ou encore "Eh Sascha tu traînes avec elle maintenant" fusèrent et le professeur les fit se taire, soutenu par le centaure qui reprit la parole d'une voix puissante, forçant tous les jeunes au silence.

Est-ce que vous suivez ? Je continue. EST - Forces positives qui agissent, celles sur lequel le questionneur devra s'appuyer. Ici, c'est ᚱ raido qui s'est dévoilée. Remise en Question des Croyances et Certitudes, Élan vers l'avant, Recherche de Savoir, Contacts Avec les Autres. Je lis que cet homme remettra vos croyances et certitudes en question. La rune du Char du Soleil, une chevauchée vers un autre horizon.

Un instant, il regarda les prochaines runes et son sourire se fit plus petit, puis encore plus petit, juste qu'à finalement il en vienne à plisser les yeux. C'était bizarre. L'association de ces runes... L'intuition qui lui venait. La petite voix qui murmurait à son inconscient un message qu'il ne saisissait pas. Il s'en trouvait perturbé mais continuait.

SUD - évolution du problème à court terme, son devenir immédiat. ᚹ Wunjo, Optimisme, camaraderie, communion d'idées, buts partagés, bonnes nouvelles, unité, attachement, perfection. Ce sera donc finalement un dénouement positif avec cette rencontre. Puis. MILIEU - Placée au centre de la Croix, là ou se situe la position de convergence, cette Rune indique le devenir à long terme du problème. ᛖ Ehwaz. Ehwaz évoque la confiance en l'autre, la loyauté, le respect mutuel; telle la connivence, la complicité et la relation spirituelle du couple cheval-cavalier. Elle exprime le concept de “couple”, deux forces complémentaires et complices, dans divers domaines de la vie.

Le message était clair. Mais Pyractès ne pouvait y croire. Tout était bien trop chamboulé autour de lui depuis ces derniers temps, il ne comprenait plus ce que le Destin attendait de lui. Est-ce que sa horde était vouée à entretenir des relations avec les bipèdes ? Est-ce que cette fille avait rencontré un jeune de son groupe ? Le centaure se racla la gorge.

- Bien, Mademoiselle Latulipe. Pour résumer, un homme, une âme chevaline, viendra perturber votre quiétude, votre paix. Il sèmera le trouble dans vos croyances, vos certitudes. Il faudra vous accrocher à cette chevauchée pour arriver au dénouement heureux. A la clé, vous gagnerez dans tous les cas un complice, une relation privilégiée. Quelque chose de fort et d'indéfectible si vous parvenez à surmonter les épreuves.
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Livia Latulipe
Famille Obéron
Nom de l'avatar : Maria de Medeiros
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyDim 17 Mar - 19:18


La jeune Livia était la seule élève à discerner un nouveau changement dans l'atmosphère. Presque brutal. Au premiers mots de l'incantation mystique elle avait senti quelque chose se briser dans le soufle humide du vent des sous-bois. C'était palpable. C'était là. Pas de doutes : tout était plus froid. La nature était en train de crier et le vent n'était que le vecteur de quelque chose d'immatériel et d'indéfinissable qui prenait forme, tout autour d'elle, tout autour d‘eux. Était-ce sa façon à elle de manifester un désaccord, ou au contraire des encouragements ? Ou bien de rappeler l’omniprésence de ce monde de l’invisible ? Ou plutôt une mise en garde pour le centaure ? Ce dernier réprima un frisson qui tentait de lui parcourir l'échine. Il semblait avoir l'habitude de ces manifestations. Il saluait peut-être une vieille amie. Livia, elle, éprouvait une sensation bien plus déstabilisante, une sensation de détachement de soi, de son corps, de ses camarades qui l'entouraient, des arbres, de son environnement tout entier... Un véritable sentiment de dé-réalisation.

La forêt perdit de ses couleurs et paraissait irréelle. C'était comme si un voile, hyalin et vaporeux, s'était dressé entre Livia et le reste du monde. Tout semblait artificiel, aux contours imprécis et mouvants, comme une sorte de rêve à demi-éveillé qui perd peu à peu de sa saveur et de sa magie au fur et à mesure que la conscience se re-construit.
Quelque chose était apparu avec le vent et l'avait touché, jusqu'à sonder son coeur, et même son âme. Et ce sentiment de ne plus qu'être observatrice de sa vie n'était qu'un moyen que son cerveau avait mis en place pour la protéger de cette intrusion. Des forces étaient bien à l'oeuvre à cet instant, dans cette forêt. Et c'est lui qui les avaient appelées. Mais qui était donc ce centaure...? De quel monde pouvait-il venir...?

Les pieds de Livia, aussi, lui jouaient des tours. Ils semblaient flotter dans le vide, à la recherche d'un sol rassurant. L'Homme est un être qui ressent le besoin d'avoir les pieds ancrés dans un sol solide, la nécessité de s'enraciner. La locution "avoir les pieds sur Terre" est, en réalité, bien plus lourde de sens qu'il n'y parait.
Se sentant alors comme une simple observatrice extérieure de sa propre vie, Livia ne ressentait ni peurs, ni appréhensions, ni amusement, ni froideur, ni chaleur. Un genre de sensation que l'on ne pouvait pas qualifer de "désagréable", mais pas de "plaisante" non plus. Un genre de sensation que l'on ne saurait décrire et qui peut se produire lorsque l'on est en train de vivre un traumatisme. Quand notre cerveau d’être humain choisit d’installer une distance entre nous et la situation qui se déroule tout autour, pour nous protéger.
Par chance, cela ne dura que le temps du début du rituel seulement. Étrangement, à son retour sur Terre, Livia aurait juré que ses camarades n'avaient pas été affectés de la sorte. Elle en parlerait à Sascha après le cours. Pour le moment, les runes étaient tombées. Les dés avaient été jetés. Que le sort l'épargne...

Le centaure expliqua le principe de la croix d'Odin puis entreprit de lire son tirage. Il le fit avec une aisance tout aussi impudique que révoltante. Il expliqua, et ce devant tous les camarades de la jeune Livia, les péripéties mouvementés de sa vie sentimentale. Au début, il en parlait sans aucune émotion, pas la moindre. Il aurait tout aussi bien pu évoquer la pluie et le beau temps...

De sa voix rauque, il prévint Livia que le "sexe opposé" pourrait venir sous peu perturber la "quiétude de sa situation" et qu'il fallait s'en méfier.
Livia esquissa un sourire ironique et profita de l’instant où le centaure avait les yeux rivés sur ces runes pour lever les siens en direction de la cime des arbres. Ce tirage tombait à pic, il tombait juste, certes, il venait confirmer à la jeune fille que l'équidé savait de quoi il parlait, sans aucun doute. Mais il tombait trop tard. La lettre avait été lue. Alors qu'elle aurait du être jetée sans se donner cette peine. Les larmes avaient été refoulées. Alors qu'elles auraient du inonder son visage, purifiant son corps des émotions néfastes qu'elle s'obstinait à garder enfouies, en secret, loin des regars indiscrets. Peut-être le centaure avait-il comprit la nature de son retard ? Il ne fallait pas être devin pour comprendre que la jeune fille avait les yeux rougis par la tristesse en arrivant ce matin. La classe, en tout cas, l'avait certainement remarquée. Cela allait d'ailleurs encore jaser. Mais... qu'importe. Peut-être la suite du tirage serait constructif... Par ces premières paroles, le centaure l'avait convaincu. Elle imagina tout à coup qu'il lui donnerait, peut-être, la clé pour crier les pensées qui l'oppressent depuis tant d'années. Et dans ce cas-là, elle ne subirait pas les moqueries pour rien. En effet, si, pour l'heure, leur enseignant avait ramener le silence, Livia savait que l'épée de Damocles restait en suspend au dessus de sa tête. Et même au-dessus de celle de ce pauvre Sascha, qui n'avait rien demandé et qui subissait la gentillesse dont il avait fait preuve à son égard.

En continuant son tirage, le centaure ne resta finalement pas de marbre. Il marqua une pause, semblant tout à coups confus, puis continua. Livia fronçait les sourcils, inquiéte de ce changement de comportement, finalement prise par le magnétisme du tirage. Elle bu les paroles avec avidité, au compte-gouttes, n'en perdant rien. Tout pourtant n'était pas clair pour une si jeune enfant.
Le mot “clé“ retient son attention. Il était question d'une rencontre qui serait bénéfique. Le réflexe de Livia fût bien évidemment de penser à Sascha. La confiance, la complicité, cela pouvait correspondre.
Pour le reste, elle ne parvenait à comprendre. Quelles seraient donc les épreuves ? Aucune pourtant ne se présentait si l'on regardait leur relation de près. Leur relation était enfantine, simple, bienveillante. Qui plus est, pour ce qui était de semer le trouble et de bouleverser les certitudes... Sans parler de l'aspect „chevaline“ de l'âme... Cela ne collait décidément pas. Sascha ne venait rien bouleverser, au contraire, il la confortait dans ce qu'elle était. Les deux jeunes semblaient sur la même longueur d'onde lorsqu'ils étaient ensemble. Il était comme une bouffée d'air frais. Rien à voir donc avec de quelconques épreuves, ni pas plus de combats épiques à dos de poneys.

Incrédule, elle croisa le regard de Pyractès. Une nouvelle fois, elle s'y perdit.
Devant l'absence de réaction de son élève (et la montée de nouveaux chuchottements moqueurs) le jeune professeur remercia le centaure pour sa démonstration. Il renvoya Livia au sein du cercle créé par ses camarades. Elle était à présent trop occupée à retourner dans tous les sens les mots qui résonnaient encore dans sa tête. Elle ne parvenait plus à le quitter des yeux. L'enseignant, après avoir ramener pour la énième fois le calme, conclua le cours en énumérant d'autres créatures magiques capables de prouesses. Le genre de prouesses que le Sorcier (avec un grand S) ne saurait jamais égaler, à l'image des pouvoirs divinatoires des centaures. A présent, le cours arrivait à sa fin et les élèves furent congédiés. Les deux „hommes“, eux, restaient en retrait, démarrant une discussion qui semblait tout à fait aimable, de simples formulations de politesses échangées avec un respect mutuel, et néanmoins un soupçon de méfiance. Livia trainait. Elle était frustrée que le cours soit terminé. Il était passé à une vitesse folle. Mais après tout, elle en avait raté une partie...
Sascha se rendit compte qu'elle restait derrière. Il se retourna et elle pu croiser son regard interrogateur. Elle s'empressa de le rejoindre à petits pas feutrés, lui faisant signe de se baisser pour se cacher dans les fourrées. Arrivée à son niveau, elle lui attrapa la main et la lui tira pour qu'il se baisse. Ce qu'il fit sans opposer de résistance.

- Excuse-moi Sascha, dit-elle en chuchotant. J'aimerai te demander un service...

Elle inspira, gardant un oeil sur le centaure.

- Ce centaure m'intrigue... J'ai vraiment envie de pouvoir lui poser les questions que je n'ai pas pu poser devant tout le monde et...

Elle s'arrêta, l'enseignant venait tout juste de passer à deux pas d'eux, sans les remarquer.
Le centaure, lui, partait également. Il fallait agir maintenant ou il serait trop tard. Elle se leva et entraina Sascha avec elle. Le jeune homme, pris au dépourvu, essaya de la résonner  mais elle ne l'écoutait pas. Il était hors de question de perdre la seule chance qu'elle avait de connaitre le lieu où il résidait. Il le fallait. Elle aurait besoin de le revoir. Elle en était persuadée.

- Ma petite Liv', ce n'est pas une bonne idée...
- C'est... le couple cheval-cavalier... Il faut que je sache.

C'est ainsi que les deux amis suivirent le centaure à bonne distance. Prenant garde à ne pas faire trop de bruit. Livia ne pouvait se résoudre à appeler le centaure. De quoi aurait-elle eu l'air ? Non. Tout ce qu'elle pouvait faire était de le suivre. Trouver le chemin jusqu'à la horde. Elle reviendrait seule, lorsque son esprit serait moins confus. Elle revindrait plus exactement lorsqu'elle aura trouver le courage et l'aplomb de l'aborder.  En attendant, elle bravait les interdits d'au moins une dizaine d'articles du réglement intérieur de l'école. Et, pire, elle entrainait dans sa chute celui qui lui avait offert sa confiance et son amitié...

Tous deux baguettes en mains, sur le qui vive, sursautant parfois à l'échos de bruits non identifiés, avançaient lentement, le corps plié en deux pour ne pas se faire repérer. Le coeur faisant des bonds dans leur poitrine, battant à tout rompre pour une brindille qui craquait soudainement sous leurs propres chaussures...
Ils marchèrent en silence durant plus d'une heure lorsqu'ils l'apperçurent enfin...
La Horde de L'espérance.

Soulagée que le „périple“ touche à sa fin, Livia attrapa la main de son ami... qui lui échappa aussitôt...!
Horrifiée, elle s'aperçut qu'un centaure, au pelage immaculé de blanc, mais tout aussi robuste que Pyractès (peut-être même était-il plus grand?), avait saisit son ami par la veste et le soulevait du sol. L'expression de son visage était menaçante... Terrifiante même.

Elle poussa un cri de frayeur qui fit s'envoler un groupe d'oiseaux d'un arbre proche.
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Sascha Dunkel-Grivois
Famille Obéron
Nom de l'avatar : Aquamarintheone
DC : Melville Grivois
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❖ ❖ ❖ ❖
MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyDim 24 Mar - 13:44


Il n'avait pas pour habitude de ne pas suivre ses cours. Mais là, Sascha était ailleurs. Il était loin. Très loin. La seule chose qui l'avait ramené à lui alors que le centaure lâchait une logorrhée épuisante sur la divination, cela avait été l'élan moqueur qui s'était élevé de quelques uns de ses camarades. Sans avoir un jour été un justicier, Sascha n'était pas le genre de type qui laissait les autres se faire rabaisser. Il était du genre à protéger ses amis, et Livia en faisait largement parti. C'était même ce que l'on pouvait appeler sa meilleure amie. Ce genre d'amitié que l'on n'a pas vu venir, dont on ne se doutait pas, mais qui avec le temps laisse place à quelque chose d'indéfectible même avec la distance. Ce genre d'amitié capable de traverser le temps encore plus facilement qu'un lien d'amour.

D'ailleurs, c'était ce lien d'amour qui avait été remit en question. C'était cette relation qu'il avait fichu en l'air. Qu'il avait piétiné d'un flirt sans finalité et qui avait rongé son âme de la culpabilité la plus forte qu'il n'ai jamais ressenti. C'était aussi ce qui le tenait loin de son corps, vaquant à quelques pensées noircies lorsqu'il ne devait pas intervenir pour soutenir sa très chère amie. Il repensait à tout ce qu'il avait découvert avec Yandros, tout ce que ce professeur avait pu lui apporter. Il vivait, depuis qu'il avait dû subir les conséquences de ses actes, dans un vide incroyable. Il n'avait plus envie de rien, pas même d'étudier. Il songeait même à retourner définitivement cette fois en Allemagne. Sa vie était devenue morne, sa lumière, sans odeur, ni goût. Il ne semblait être qu'une carapace vide. Enfin... Jusqu'à ce que Livia ne le traîne dans ses histoires.

Il s'était tourné. Alors que le cours venait de terminer et que tout le monde s'en allait vers le prochain cours, Livia restait en arrière avec un air complètement suspect qu'il lui connaissait bien. Il lui adressa alors un regard inquisiteur, méfiant, et pour toute réponse elle l'attira à elle. Sascha était le genre de garçon à tout faire pour ses proches, même les choses les plus débiles comme suivre sa meilleure amie dans les fourrés sans en connaître les tenants et les aboutissants. Elle lui avait parlé d'un truc dont il ne comprenait même pas le sens - il n'avait déjà pas écouté le cours pour commencer. Le jeune sorcier avait tenté de la dissuader, de lui faire retrouver la raison. Mais que nenni, c'était peine perdue. Déjà elle s'avançait vers la forêt, suivant le puissant centaure.

- Mais Liv' écoutes moi ! Tentait de chuchoter Sascha sans alerter le centaure à quelques dizaines de mètres d'eux. Je suis sûr qu'il sait que tu le suis ! Ne le prend pas pour un idiot ! Et je suis même certain que les autres centaures savent que quelqu'un est dans leur forêt sans leur autorisation !

Les deux adolescents marchaient à travers la forêt dans laquelle ils étaient normalement interdits de pénétrer, baguette en main. Lorsqu'une branche craqua sous son pied, il manqua de prendre Livia sur son épaule et faire demi-tour. En fait, il était persuadé que c'était ce qu'il aurait dû faire dès le début, profitant de sa silhouette fluette pour la porter en sac de pomme-de-terre jusqu'au prochain cours. Mais alors qu'il allait l'attraper, sans même se douter qu'ils étaient aux portes du village, un bruit sourd venant de derrière lui l'arrêta en plein mouvement. Il n'osait pas se tourner, sachant très bien que ce qu'il venait d'entendre n'était autre que le bruit d'un sabot frappant la terre meuble. L'immense créature venait de l'attraper par sa veste et le soulevait comme s'il n'était qu'une souris.

Sascha tournait enfin la tête et se retrouva face à un centaure aussi magnifique que redoutable. D'un blanc immaculé, on ne pouvait voir que lui et sa carrure imposante, dans le vert sapin ambiant.

- B-Bonjour... Dit-il à l'être magique avant de se tourner vers Livia qui hurlait de terreur. Livia, derrière toi !
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Pyractès
Horde de Lesperance
Nom de l'avatar : Viggo Mortensen
DC : Melville, Gilden, Sascha
Age : 36
❖ ❖ ❖ ❖
MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyDim 24 Mar - 17:30


Les centaures étaient les maîtres de la forêt. Ils y naissent, y grandissent, et il y meurent en n'ayant rien connu d'autre que cette vie rude et sauvage. Autant dire alors qu'ils entretiennent une relation assez fusionnelle avec cette nature incroyable. Ils connaissent le son de chaque être qui le peuple, reconnaissent les odeurs, savent lorsque quelqu'un y déambule sans y avoir été invité. Depuis des temps immémoriaux, leur territoire était une chasse gardée, mais depuis qu'ils devaient faire ami-ami avec les autres êtres magiques, il n'était plus rare de trouver quelques courageux dans leur forêt et ce n'était pas au goût de tout le monde dans la horde. Un sourire en coin, Pyractès surveillait les deux élèves qui le suivaient.

Déterminé à leur donner une bonne leçon, il ne réagissait pas. Un brin taquin, mais surtout ayant un certain besoin de se défouler, il pouvait bien martyriser du petit sorcier. Bon, ils n'allaient leur faire aucun mal, juste une petite frayeur. En tout cas, le centaure s'amusait beaucoup à trimbaler dans la forêt les deux adolescents. Il avait même prolongé le trajet de quelques kilomètres juste pour les faire marcher plus longtemps, alors qu'ils tournaient autour de la Horde. Mais ce jeu ne pouvait pas durer encore longtemps. D'un regard, il avait donné un ordre aux sentinelles. Les deux puissants centaures chargés de la protection du clan allaient entrer en deux.

Quelques instants plus tard, un hurlement se fit entendre, et Pyractès se mit à rire. Un rire à gorge déployée. Hop, les gosses étaient dans le filet des centaures. Le chef fit alors demi-tour, les mains jointes dans son dos. Lorsqu'il arriva au niveau des élèves, il fut d'abord surpris. Voilà qu'il se retrouvait avec la jeune Livia.

Ça alors... Dit-il en haussant un sourcil.

Face à lui, chaque sentinelle tenait un gamin. Le plus grand, d'un blanc magnifique, tenait un garçon. Alors que l'autre, un peu moins large mais impressionnant par sa couleur fauve, maintenait la jeune fille par les bras. Il s'approcha d'eux, les toisant de toute sa hauteur.

Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous... Ajoutait-alors le chef de la horde en se penchant pour se mettre à la hauteur de Livia. Sa prédiction lui revint en tête, et plissant les yeux, il se redressa. Aréos, prends le garçon et enferme le. Je m'en occuperai plus tard.

Non ! Livia ! Ne lui faites pas de mal ! S'écriait alors, se débattant en vain alors que ledit Aréos l'emmena au coeur du camp des centaures.

D'un geste de la main, et d'un remerciement discret, il congédia l'autre centaure qui s'en alla à la suite de l'être magique d'un blanc immaculé. Pyractès s'approcha alors de la jeune fille. Au loin, on entendait les protestations de Sascha et les rires des gras de certains membres de la horde. C'était à se demander s'ils n'étaient pas tous contents d'avoir trouver un bouc-émissaire sur qui passer leurs nefs. Mais bien heureusement pour le jeune homme, tant que leur chef de ne leur avait pas dit explicitement de lui faire du mal et de rompre leur arrangement, aucun ne lui ferait quoi que ce soit. Si ce n'est le maintenir captif et attaché dans une sorte de cage aux barreaux de bois.

Alors mademoiselle... Pourquoi avoir décidé d'enfreindre le règlement ? Pourquoi m'avez-vous suivi ? Lui demandait-il en lui adressant un regard qui semblait signifier que si elle bougeait, elle allait le rejoindre jusqu'à ce que les autorités ne viennent la récupérer.
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Livia Latulipe
Famille Obéron
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MessageRe: Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] | Bienvenue à toi frère animal. [PV Livia] EmptyLun 1 Avr - 19:02


Livia ne l'avait pas plus vu arrivé qu'entendu. Malgré leur taille imposante et la lourdeur de leurs sabots ces créatures savaient se déplacer en toute discrétion. Ils maitrisaient parfaitement leurs corps et leur environnement. Ils étaient ici chez eux, et la jeune avait omis ce fait. Elle avait également négligé de considérer un tout autre fait : que leur arriveraient-ils s'ils se faisaient prendre...? Maintenant qu'elle se posait la question il était trop tard. De toute manière, ainsi prise au piège après s'être jetée dans la gueule du loup, qu'aurait-elle pu faire ? Pour le moment, la jeune enfant restait en état de choc. Tout allait beaucoup trop vite pour agir. Elle observait la scène.

Elle découvrait que les centaures pouvaient revêtir différents visages. Comme les deux faces d'une page noircie de mots: ils avaient un recto et un verso. Un coté noir d'encre : écrasant, irascible, redoutable. Et un coté immaculé : calme, délicat, attentif. Dans tous les cas, ils étaient impressionants. Surtout d'où elle se trouvait... Sans avoir eu le temps de se retourner sur la mise en alerte de Sascha, elle s'était trouvée soulevée du sol, tout comme lui. Les mains qui la maintenaient étaient carrées et fermes. La poigne du centaure était légèrement douloureuse contre ses bras frêles, pourtant elle sentait que ce n'était rien comparé à ce dont l'animal était capable. Au vu de la situation (mais aussi sous les bons conseils de Vévé) Livia ne se débattit pas. Elle attendit, résignée, que Pyractès arrive à son niveau et prononce sa sentence. Le centaure arriva à pas lents. Roi sur ces terres, il prenait son temps. Peut-être par malice, ou peut-être était-ce sa façon d'être. Il en émanait une certaine prestance. Il représentait la force et l'autorité. Il posait ses sabots sur le sol meuble avec une élégance froide qui en donnait des frissons à l'humaine. A la fois impatiente et angoissée de savoir ce qu'il allait advenir d'eux, Livia lança un regard qui signifiait "je suis désolée" à la destination de Sascha. La voix rauque du centaure vint alors rompre leur contact visuel, Livia, les lèvres encore légèrement entrouvertes, relevant la tête en sa direction.

La créature pesait chaque mot, et elle prononçait chacun d'eux avec un calme et une froideur inquiétante. Dans cet autre contexte, loin de leur professeur de SCM, mais surtout en leur territoire, le centaure n'était plus tout à fait le même. Depuis qu'ils avaient prononcé ses premiers mots "Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous..." Livia avait ressenti de la peur. Cela n'était rien comparé au ras de marré de terreur qui l'envahit lorsque, à l'ordre de Pyractès, Sascha fût amené plus loin. A cet instant, ce dernier leur hurla ne pas faire de mal à Livia et cela lui brisa le coeur. Tout était de sa faute. Elle aurait très certainement fléchis les genoux si la poigne de la sentinelle ne l'avait pas retenue. Et des larmes perlèrent au fond de ses yeux mais ne coulèrent pas. Pas encore. Cela aurait été véritablement de trop en une seule matinée. Livia s'y refusait. Malgré la panique, qui hurler dans son crâne, elle ne céda pas. Malgré la terreur qui lui dévorer le ventre, elle tint bon. A présent il le fallait. Car, qui, à part elle pouvait libérer Sascha ? Personne n'était au courant. Elle était leur seule chance et prier pour qu'au mal ne lui soit fait là où il était amené. Elle avala sa salive et refoula ses larmes même si ses jambes commençaient à trembler, maintenant qu'elle touchait de nouveau le sol, libérée de son geôlier. Elle ne quitta pas la créature des yeux lorsque celle lui demanda :

- Pourquoi m'avez-vous suivi ?

C'est à ce moment-là très précisément qu'il aurait fallu choisir ses mots avec discernement. Se montrer la plus humble et la plus désolée possible aurait peut-être pu faire pencher la balance du bon coté (soit le coté de la clémence). Prouver sa reconnaissance à une créature si fière aurait été ce qu'il y avait de plus judicieux à faire, sans aucun doute. Ne pas montrer sa vulnérabilité aurait également constituée une bonne idée. Mais que voulez-vous? A seulement dix sept printemps on peut parfois manquer de ce qui se nomme le "recul" ou la clairvoyance. A seulement dix sept ans on peut se montrer impulsif. A seulement dix ans sept disons le Vévé... On fait parfois preuve de stupidité. Et pire, à seulement dix sept ans, on ne se rend pas forcément très bien compte de la sottise et du manque de jugement qui peut nous habiter. A seulement dix sept ans, y'a pas à casser une patte à une licorne : on manque de tact.

- J'aurai voulu en savoir plus sur votre prédiction monsieur. Je n'ai pas tout saisi et j'ai eu peur de perdre la seule opportunité qui s'offrait à moi pour comprendre.  Alors, je vous ai suivi. Sascha n'y est pour rien là dedans... Et, après tout, vous me devez bien ça, hein. Vous n'avez pas idée de la semaine que je vais passer après un tel spectacle...
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